France Info ou France Intox ? L’audiovisuel public fait son festival

France Intox audiovisuel public
 

L’audiovisuel public presque au complet (Radio France, France Télévisions, France Médias Monde, ARTE, l’INA et TV5Monde) organisait le 8 octobre au studio 104 de la Maison de la Radio le premier festival « Vrai ou Faux ». Le public, collégiens le matin, lycéens l’après-midi (ils ont le temps) et quidam le soir, était invité à vérifier les sources, distinguer un fait d’une opinion, une image fabriquée d’une vraie, bref une info d’une intox, toutes choses louables et utiles. Le piquant de l’affaire, c’est que ce festival ait été organisée par un audiovisuel public qui vient de faire l’objet d’une enquête parlementaire, et d’un rapport rédigé par le député Charles Alloncle, extrêmement sévère. On y relève de graves conflits d’intérêts, des gaspillages de fonds publics et, concernant la qualité et la probité de l’information, un net biais idéologique à gauche. En somme, c’est le contrevenant qui donne, impavide, des cours de déontologie.

 

Info ou Intox : Tartuffe mène le festival

Même si l’audiovisuel public avait été exemplaire sur la question, ce qui n’est pas le cas, une considération de méthode aurait dû inciter ses dirigeants à s’abstenir d’un tel festival, par décence, par un minimum de pudeur : son statut particulier qui se caractérise par l’irresponsabilité financière. Si vous trouvez stupide, malhonnête ou faux ce que vous découvrez dans Reinformation.tv, vous zappez et vous n’y revenez pas. Si le phénomène se généralisait, Reinformation.tv n’aurait plus de lecteurs et elle disparaîtrait. La situation des journaux est analogue, quoiqu’un peu faussée par les subventions de l’Etat. Quant aux sites ou médias qui dépendent de donateurs, ils doivent les satisfaire sous peine de disparaître. L’audiovisuel public n’est soumis à aucune de ces contraintes : s’il ennuie ceux qui l’écoutent et le regardent, s’il les dégoûte par des infos nulles et des intox savamment distillées, et que ces auditeurs s’en détournent, cela ne change rien au budget des chaines ni à leurs programmes, leur personnel ou leur orientation.

 

La France doit privatiser l’audiovisuel public

Autrement dit, rien ne relie le budget de l’audiovisuel public à la qualité, la véracité, la neutralité de ce qu’il produit. L’Etat finance, à 90 %, 4 milliards d’euros par an sans que cela n’apparaisse sur nos avis d’imposition. Info ou Intox, nous payons tout plein pot, même si télé et radio sont fermées, eyes wide shut. Cette assurance de financement ne garantit nullement l’indépendance éditoriale, au contraire : un média sûr de ses ressources s’encroûte dans ses « acquis » et n’a pas de raison de corriger ses erreurs ou de s’interroger sur ses partis pris. D’autant que les seize mille salariés de l’audiovisuel public sont aussi protégés que des enseignants ou des inspecteurs des impôts. On voit mal à quel titre ils seraient, avec leur direction qui vient d’être épinglée, placés pour donner des leçons de rigueur et d’honnêteté aux enfants des écoles ou au gogo qui passe. La seule solution, pour réduire un peu les intox et libérer l’info, c’est de bousculer le magistère indu de l’audiovisuel public en le privatisant. Cela fera quelques sous de plus pour le budget 2028.

 

Pauline Mille