Des hackers s’attaquent aux secrets du Grand Orient

 

Pour l’instant, ce n’est pas grand-chose. Pas une fuite géante de données confidentielles comme les sites liés à l’Etat nous en ont donné l’habitude. Le hackage concerne surtout des communiqués, discours, circulaires et autres documents conventuels, des documents « non sensibles », selon le GODF, qui porte plainte cependant. Les 9.069 pages volées couvrent cependant 9 années, de 2017 à 2026, et contiennent des fiches administratives et des récapitulatifs budgétaires qui n’auraient pas dû sortir de la rue Cadet. Et même un tableau de quelques dizaines de personnes de la Loge Foi et Espérance d’Angoulême, daté de septembre 2024, avec noms, prénoms, adresses électroniques et numéros de téléphone. Deux sites de hackers cybercriminels, Akatsuki Cyber Team et LunarisSec ont revendiqué l’attaque. Selon le patron d’Akatsuki Cyber Team elle a valeur « d’avertissement à l’organisation maçonnique », même s’il n’envisage pas pour l’instant de publier les données nominatives en ligne. Le hackage aurait été décidé en représailles à « la diffusion de fausses informations sur le salafisme. (…) Vous avez essayé de salir l’islam mais vous avez échoué ». Pour peu que ces revendications soient sincères, cela signifierait que, contrairement à l’Eglise en France qui fait patte de velours avec la maçonnerie, l’islam aurait décidé de se défendre. Cela veut dire aussi que la société « discrète » maçonnique, qui tient tant à l’anonymat pour agir et influencer dans l’ombre, ne protège plus très bien ses petits secrets. Et cela, c’est une bonne nouvelle.