Pour les premiers de classe en économie, l’effet Laffer théorise une vérité bien connue : trop d’impôt tue l’impôt, et à la fin la frénésie de taxation diminue ce qui tombe réellement dans les caisses de l’Etat taxeur. La France de Lecornu, qui ne se décide toujours pas à freiner la dépense, est à cet égard championne du monde. Exemple : la CDHR, contribution différentielle sur les hauts revenus, de 2024 devait rapporter 2 milliards d’euros en 2025. Résultat réel : environ 388 millions selon le Sénat, 369 millions d’acomptes perçus au 31 décembre selon l’Assemblée. Moins 80 %. Et pour 2026, le gouvernement n’espère plus que 650 millions contre 1,65 milliard initialement anticipé. Autre exemple, la taxe yacht de 2018, promise à 10 millions par an. En 2024 elle a rapporté 60.000 €, 167 fois moins, et fait fuir les yachts : il n’en reste que 5 sous pavillon français. On la maintient quand même. La taxe sur les petits colis devait rapporter 400 millions en 2026, elle en a rapporté 2,3 par mois pendant quelques mois et on l’a suspendue : 90 % du trafic s’est déporté vers la Belgique ou les Pays-Bas, au détriment de nos entrepôts et aéroports. Lesquels ont été touchés aussi par le triplement en 2025 de la taxe sur les billets d’avion. Les low-costs ont déserté Bergerac, Brive, Vatry, Strasbourg, et l’ensemble de nos aéroports a perdu 1,3 millions de passagers. On la maintient quand même : on ne change pas une taxe qui perd.











