L’incendie ravage les rues depuis un mois, mais l’Etat, omnipotent, omni-compétent, interdit depuis le 1er novembre aux habitants de 657 communes d’allumer du feu dans leur cheminée. Et pour assurer sa pleine autorité, il frappera les contrevenants d’une amende de 1.500 euros, 3.000 en cas de récidive. C’est qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort : suivre à la lettre le « plan de protection de l’environnement ». L’arc-en-ciel ne transige jamais sur ses fondamentaux.
Au-delà du ridicule, le totalitarisme qui nous régit montre une ignorance dévastatrice des problèmes qu’il prétend résoudre. Bien sûr, le dioxyde de carbone que rejette l’homme dans l’atmosphère ne lui nuit en rien, pas plus qu’à la planète – mais si tant est qu’on se soit mis en tête d’en limiter l’émission, nos maîtres ont-ils réfléchi aux branchages de chêne qu’un individu va glaner en forêt pour les brûler dans sa cheminée ? S’il les laisse où ils sont, ils se dégraderont naturellement, notamment grâce aux termites, et leur bilan carbone sera le même. Quant aux fameuses particules fines, souvent invoquées pour interdire l’usage des cheminées, prenons le cas de Lille : croit-on que les trois pelés et les quatre tondus qui réchauffaient leurs pantoufles devant quelques braises émettaient seulement le millième de ce qu’en produit le métro de la ville ?
Enfin cette décision n’est pas seulement inquisitoriale (après mon assiette, mon chauffage) et sotte, elle est aussi discriminatoire : il existe des gens qui, pour réduire leur budget gaz, électricité ou fioul, enfilent un chandail et se chauffent au bois. De sorte qu’en plus, l’interdiction est également anti-économique et antiécologique. Plus bête, tu meurs : mais l’empire arc-en-ciel se soucie peu d’intelligence et de justice, il ne vise qu’à asseoir son pouvoir en tout et sur tout.











