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Alfie Evans : la vie d’un enfant prise en otage par les médecins et les juges

Alfie Evans otage médecins juges
 
Lundi, les juges de la cour d’appel de Londres ont une nouvelle fois refusé la demande de Tom Evans et Kate James de pouvoir exercer leur autorité parentale à l’égard de leur enfant de 23 mois, afin de l’emmener en Italie par avion médicalisé pour faire diagnostiquer, soigner et éventuellement traiter la maladie neuro-dégénérative qui l’a laissé dans un état « semi-végétatif ». Le petit Alfie Evans est en pratique otage des médecins, des juges et de l’Etat, son maintien à l’hôpital d’Alder Hey de Liverpool étant protégé par les forces de l’ordre. Ainsi, la justice britannique appuie et recommande la décision médicale de couper le ventilateur du petit garçon et de le sédater en attendant qu’il meure étouffé.
 
Les parents d’Alfie Evans se voient ainsi concrètement spoliés de leurs droits sur leur enfant. Les spécialistes de l’hôpital estiment qu’il « ne peut pas être sauvé » et qu’il ne serait « pas gentil » et « futile » de poursuivre les soins quoi qu’en pensent Tom et Kate. Il a été notamment jugé que la cour pouvait s’en remettre à l’avis du « gardien » des droits d’Alfie nommé par la justice, envers et contre les désirs des parents, et ce pour respecter les « intérêts » du garçon. La bataille judiciaire des parents d’Alfie Evans n’est pas encore terminée puisque leur avocat, Paul Diamond, a indiqué qu’il chercherait à obtenir la possibilité de faire un recours devant la Cour suprême de Londres.
 

Alfie Evans est devenu la chose des médecins et des juges

 
De son côté, manifestement effondré devant la nouvelle décision défavorable des juges, Tom Evans a demandé à « Alfie’s Army », l’armée de manifestants parfois trop bruyants qui campent à côté de l’hôpital, de s’en aller au moins un temps mais tout en assurant que lui et sa femme ne lâcheront rien. Bien entendu, lors de l’appel qui s’est déroulé lundi, l’hôpital a argué de la présence des manifestants pour noircir le tableau et accuser ceux qui demandent le respect de la vie d’Alfie de troubler l’ordre et de porter atteinte au calme dont les autres patients et familles dans cet hôpital ont besoin.
 
Tom Evans continue de faire preuve de lucidité et de détermination. Sur sa page Facebook, il s’indignait lundi : « Transférer notre fils qui est dans un état stable POURRAIT constituer un risque ??? » Oui, c’est ce « risque » qui a également été invoqué pour refuser qu’on emmène le petit patient en Italie où un hôpital est disposé à le prendre en charge…
 
Et il poursuivait : « Ils disent que j’ai besoin d’affronter la réalité !! Mais je l’ai vécue depuis 15 mois. Moi et Kate acceptons le fait que notre fils va mourir, mais nous ne savons pas quand, c’est donc tout simplement notre responsabilité de le laisser vivre le temps qui lui reste avec autant de dignité, d’amour et d’affection que possible. Ce n’est pas fini ! »
 

Le père d’Alfie Evans est catholique, et il veut voir la vie de son fils respectée jusqu’à sa mort naturelle

 
Ce mardi, un prêtre catholique a pu rendre visite à l’enfant. Voilà deux jours, Tom Evans avait écrit à l’évêque catholique de Liverpool pour le supplier de l’aider à sauver son fils, après avoir supplié en vain l’archidiocèse et Mgr Malcolm Patrick McMahon d’intervenir.
 
« La plus grande tristesse vient de ce que je n’ai pas été reconnu comme enfant de notre sainte Mère l’Eglise : je suis catholique, j’ai été baptisé et confirmé et je me tourne vers vous en tant que vous êtes mon pasteur et vers le Saint-Père en tant que vicaire de Jésus-Christ sur Terre », écrit-il. « C’est pourquoi j’ai frappé à la porte de l’Eglise, demandant de l’aide afin d’aider à sauver mon fils de l’euthanasie ! Alfie est baptisé comme moi et comme vous, Votre Excellence. J’aimerais que les prières pour lui et pour nous soient adressées au seul vrai Dieu. J’ai conscience que la mort de mon fils est une réelle possibilité, et peut-être même qu’elle n’est pas très éloignée. Je sais que le Ciel l’attend car je ne peux imaginer le genre de péché que cette âme innocente, cloué à son lit comme à une croix, pourrait avoir commis. »
 
Et encore :
 
« Mais je sais aussi que sa vie est précieuse aux yeux de Dieu et qu’Alfie a une mission à accomplir. Peut-être sa mission est-elle de montrer au monde entier la cruauté qui se cache derrière paroles du juge. Car ce juge a déclaré que la vie d’Alfie est “futile”, soutenant ainsi l’opinion de l’hôpital qui veut le faire mourir par suffocation.
 
« Je ne suis pas médecin, mais je peux voir que mon fils vit et je vois qu’on ne le soigne pas. Cela fait des mois que j’ai demandé à l’hôpital, et je le fais encore, qu’ils nous permettent de transférer notre enfant, l’enfant qui est le mien et celui de Kate, enfant de Dieu, vers l’hôpital du pape qui a promis de s’en occuper, aussi longtemps que Notre Seigneur le permettra et jusqu’à ce qu’Alfie ait accompli son voyage. »
 

La lettre de Tom Evans à l’évêque de Liverpool : Alfie otage d’une morale utilitariste

 
Et d’expliquer qu’en tant que parents, lui et Kate James sont sûrs que leur enfant ne reçoit pas les soins nécessaires de la part des médecins et d’Alder Hey. « Ils déclarent qu’ils veulent remplacer le traitement médical par les soins palliatifs. Mais en fait, cela fait des mois qu’ils lui dispensent des soins palliatifs et ce sont ces soins palliatifs qu’ils veulent maintenant retirer, en même temps que la ventilation mécanique, afin de le sédater et de le faire mourir par suffocation. Il me semble que cela n’est ni juste ni chrétien. A mon avis, c’est de l’euthanasie, et nous ne voulons pas que notre enfant soit abandonné pour mourir de cette façon. En outre, cela pourrait constituer un nouveau précédent comme le cas de Charlie Gard, en vue d’empêcher les parents de prendre soin de leurs enfants malades qui sont considérés comme une charge par l’Etat parce qu’ils sont malades et “donc” inutiles, improductifs et onéreux. »
 
« S’il vous plaît, votre Excellence, acceptez mon appel au secours et faites parvenir ma voix au Saint-Père, de telle sorte que tout ce qui est possible soit fait pour m’aider, et pour aider la maman d’Alfie, Kate, à sortir notre enfant du Royaume-Uni pour qu’il soit soigné jusqu’à la fin naturelle de son existence terrestre… »
 
Lettre fort émouvante qui pose tous les éléments de cette douloureuse affaire. Elle montre notamment que l’attitude des médecins revient au bout du compte à nier et à mépriser les convictions de ceux qui respectent la vie non seulement de manière naturelle mais du fait de leur foi religieuse.
 
Cette affaire va bien au-delà de la question des droits parentaux, scandaleusement méprisés : elle s’immisce dans l’intime de la foi au nom d’une fausse morale maçonnique et utilitariste.
 

Jeanne Smits