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Allemagne : démission de Lutz Bachmann, fondateur de PEGIDA grimé en Hitler

Allemagne – Hitler Lutz Bachmann – PEGIDA
 
Tempête sur PEGIDA, le mouvement allemand de la « base » contre l’islamisation : son fondateur, qui s’est pris en photo déguisé en Hitler, a été contraint à la démission. Un « selfie » bien commode pour le pouvoir qui autour du chancelier Angela Merkel, affirme haut et fort que l’islam est chez lui en Allemagne.
 
Ces dernières semaines, le mouvement des Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident (PEGIDA) avait commencé à prendre une ampleur européenne, avec des manifestations dans plusieurs villes du continent. Et à Dresde, en Allemagne, les manifestants rassemblés chaque soir se comptaient en dizaines de milliers. Les récents attentats perpétrés en France ont fait considérablement grossir leurs rangs.
 

Lutz Bachmann grimé en Hitler

 
Lundi dernier, la police a interdit le rassemblement PEGIDA en raison de « menaces d’attentat ». Mercredi, les manifestants étaient 20.000 dans la ville voisine de Leipzig.
 
Mais entre temps, la presse a trouvé ce dont elle devait rêver : une photo de Lutz Bachmann, fondateur du mouvement, grimé en… Hitler. Bachmann, quadragénaire au passé obscur, a annoncé sa démission dans la foulée en mettant en avant une autre raison et affirme que cette photo n’était qu’une blague, réalisée lors de la parution de la version audio d’un ouvrage satirique sur Hitler, « Il est de retour », de l’Allemand Timur Vermes (2012).
 
L’unique raison de sa démission serait deux commentaires sur Facebook, dans lesquels il traite des immigrés de « bétail » et de « bâtards ». Les procureurs semblent être aussi sévères en Allemagne qu’en France dès lors que ces vocables ne viennent pas des cités : celui de Dresde avait annoncé qu’il lançait une enquête pour « incitation à la haine ».
 

Le passé sulfureux de Lutz Bachmann, fondateur de PEGIDA

 
Le mouvement PEGIDA avait, semble-t-il, conscience du caractère « infréquentable » de son fondateur au passé incontestablement sulfureux : déjà condamné pour divers délits à trois ans et huit mois de prison, il s’était dans un premier temps réfugié en Afrique du Sud pour échapper à la justice. Après son extradition vers Allemagne et un séjour de deux ans derrière les barreaux, il s’était fait à nouveau condamner pour détention de 40 grammes de cocaïne et demeure aujourd’hui encore en liberté conditionnelle.
 
Le 18 janvier dernier, c’est d’ailleurs le porte-parole du mouvement, Katrin Oertel, qui le représentait lors d’un talk-show télévisé très écouté, le premier auquel participait cette organisation. Cette dernière a annoncé hier que la démission de Lutz Bachmann avait été immédiatement acceptée.
 
Le scandale arrive sur un plateau d’argent pour l’établissement et le pouvoir : instrumentalisé sans peine, il décrédibilise le mouvement. Il n’y a même plus besoin de se pencher sur le fond du phénomène, c’est-à-dire des dizaines de milliers de gens qui chaque lundi soir se pressent dans les rues allemandes pour contester l’islamisation de l’Europe.
 
Cette situation n’est pas sans rappeler les manipulations dont fut victime la Manif pour Tous. Reste à savoir comment le mouvement est né. Et qui a placé Bachmann à sa tête.