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Josef Schuster, chef de la communauté juive en Allemagne veut des quotas d’immigrés

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Comme l’observe le Financial Times, il peut se le permettre : en tant que reprĂ©sentant de la communautĂ© qui a subi l’Holocauste en Allemagne, Josef Schuster a une parole qui porte. Après avoir dĂ©noncĂ© la volontĂ© de lĂ©galiser l’euthanasie, le reprĂ©sentant du Conseil central des Juifs d’Allemagne a fait observer dans Die Welt que beaucoup de rĂ©fugiĂ©s qu’on y accueille aujourd’hui viennent de « cultures oĂą la haine Ă  l’égard des Juifs et l’intolĂ©rance sont un donnĂ© constant Â». Il prĂ´ne la mise en place des quotas d’immigrĂ©s, et malgrĂ© la petite taille de la communautĂ© dont il s’est fait le porte-parole, Josef Schuster vient ajouter un vĂ©ritable poids aux dĂ©clarations de la droite allemande, qui vont dans le mĂŞme sens.
 
« TĂ´t ou tard, nous ne pourrons Ă©viter de poser des limites Â», a dĂ©clarĂ© le chef de la communautĂ© juive. Certes, a-t-il dit, les rĂ©fugiĂ©s fuient la terreur de l’Etat islamique, recherchant la libertĂ©, mais cela ne suffit pas selon lui : « Ne pensez pas seulement aux Juifs, pensez aux droits des femmes et Ă  manière dont ils traitent les homosexuels. Â»
 
Josef Schuster a ajoutĂ© qu’il deviendra « de plus en plus difficile Â» d’intĂ©grer les migrants et leur « transmettre nos valeurs Â».
 

Josef Schuster parle en tant que reprĂ©sentant de la communautĂ© juive d’Allemagne : il ne saurait ĂŞtre « raciste Â»

 
Ses paroles interviennent alors que le chancelier, Angela Merkel, se trouve de plus en plus contestée parmi ses alliés, notamment le CSU bavarois, parti-sœur du CDU dont elle est issue. Mme Merkel venait de subir un affront de son leader, Horst Seehofer, à la conférence annuelle du parti vendredi dernier. Elle avait à peine expliqué au millier de délégués présents qu’il était hors de question de mettre en place des quotas lorsque Seehofer, l’ayant rejointe sur le podium, s’engageait vigoureusement à lutter pour que le nombre d’immigrés soit plafonné.
 
Certains en ont voulu au leader bavarois d’avoir « humiliĂ© Â» Angela Merkel en public, essayant de soutenir que les quotas sont dĂ©jĂ  en place grâce Ă  l’Union europĂ©enne qui, en application des propositions du chancelier, entend prendre Ă  sa charge et en tant qu’ensemble des nombres fixes de « rĂ©fugiĂ©s Â» actuellement en Turquie.
 

Des quotas d’immigrĂ©s et la fin du regroupement familial : Merkel n’en veut pas

 
Mais à l’heure où l’Allemagne envisage une arrivée totale d’au moins un million de migrants sur l’année 2015, les ailes droites des partis comme le CSU et le CDU demandent de nouvelles restrictions judiciaires nationales, qui limitent notamment le droit au regroupement familial. Angela Merkel ne veut rien entendre… tout comme le troisième membre de la coalition au pouvoir en Allemagne, le SPD (centre-gauche).
 
Curieusement, mĂŞme Josef Schuster n’a pas le soutien de l’ensemble de sa communautĂ©. Lui-mĂŞme est nĂ© en IsraĂ«l dans une famille de Juifs qui avaient fui l’Allemagne ; il est rentrĂ© en Allemagne avec elle en 1956. En 1990, cette communautĂ© reprĂ©sentait quelque 30.000 personnes, auxquels se sont depuis joints plus de 200.000 personnes en provenance de l’ancien bloc soviĂ©tique. Ils sont nombreux Ă  avoir approuvĂ© ses mises en garde, mais il s’en trouve Ă©galement beaucoup pour regretter que sa dĂ©claration l’ait alignĂ© sur le seul parti au parlement qui soutienne la mise en place de quotas d’immigrĂ©s, face au CDU, au SPD et aux Verts.
 
Un ancien secrétaire général du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Stephan Kramer, a déclaré pour sa part que le fait de venir de pays où l’antisémitisme fait partie des programmes de l’Education nationale ne fait pas nécessairement des migrants des antisémites.
 

Anne Dolhein