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L’amitié entre la Chine et la Corée du Nord pour garantir la paix ?

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Dans son rôle de secrétaire général du Comité central du parti communiste de Chine et de président du pays, Xi Jinping a rencontré mercredi une délégation du Parti des travailleurs de Corée (WPK) – le parti communiste au pouvoir en Corée du Nord – conduite par Ri Su-yong, membre du bureau politique de ce dernier. Il s’agissait de présenter les travaux du septième congrès du WPK qui s’est tenu début mai. Comme on vient au rapport ? La presse chinoise observe que la rencontre a pris une dimension particulière cette année, en raison des tensions autour des essais nucléaires en Corée du Nord, condamnés par la Chine qui a approuvé la décision de l’ONU d’imposer des sanctions. Un éditorial du Global Times – autant dire la voix du pouvoir communiste chinois – insiste sur la nécessaire amitié entre Pékin et Pyongyang au service de la paix, la Chine pouvant selon cet éditorial jouer un rôle de médiateur dans la péninsule coréenne.
 
Il ne faudrait pas croire, en somme, que l’approbation de lourdes sanctions contre la dictature nord-coréenne par la Chine signifie une rupture de cette dernière à son égard.
 

L’amitié à l’égard de la dictature communiste pour « garantir la paix »

 
Le fait que Xi Jinping se dérange pour une telle rencontre est déjà significatif. La Chine et la Corée du Nord « ont la volonté de maintenir leur amitié traditionnelle et de détendre leurs relations » écrit l’éditorialiste. A l’en croire, seule la question nucléaire constitue un différend entre les deux pays et les échanges entre leurs partis communistes respectifs aident à surmonter cette division. Comme les partis se confondent avec le pouvoir, on peut supposer que c’est vrai, même si Pyongyang « insiste pour maintenir sa politique de poursuite simultanée des avancées nucléaires et du développement économique », écrit le Global Times. Sur le dernier point, il est permis de rire…
 
Les deux parties, affirme l’éditorial, sont d’accord pour dire que de grandes divergences persistent mais qu’il faut éviter de leur permettre de « déborder ». La Chine continue d’appeler à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, mais les relations « normales et amicales entre Pékin et Pyongyang joueront un rôle positif pour résoudre la question nucléaire et maintenir la paix en Asie du Nord-Est », assure le journal. La Chine, contrairement à ce que peuvent espérer les États-Unis et la Corée du Sud, ne peut pas exercer davantage de pression ni « prendre seule la responsabilité de convaincre le Nord de renoncer à ses ambitions nucléaires », ajoute-t-il.
 

La Chine et la Corée du Nord, amis inséparables

 
« C’est une pensée égoïste », commente le Global Times : « La Chine a fait de grands efforts et subi d’importants dommages du fait de sa relation détériorée avec Pyongyang. Les États-Unis et la Corée du Sud ont évoqué le déploiement du système de missiles THAAD, qui menace directement la sécurité de la Chine. Tant que leur relation avec la Corée du Nord reste chaotique, les efforts de la Chine doivent être respectés. »
 
Elle n’a en somme aucune intention de modifier ses relations avec la plus visible et peut-être la plus sanguinaire des dictatures communistes en exercice aujourd’hui, tant la Chine a en réalité d’atomes crochus avec le régime de Kim Jong-un.
 
La Chine, honorable partenaire de l’Occident…
 

Anne Dolhein