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Angela Merkel qualifie les demandeurs d’asile de plus grand défi pour l’Union européenne que la crise grecque

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Dénonçant une montée des actions hostiles contre les demandeurs d’asile en Allemagne, Angela Merkel a déclaré dimanche que le problème de l’afflux de migrants pourrait constituer un défi plus important pour l’Union européenne que la crise grecque. Le chancelier allemand répondait à une question sur les incendies qui ont visé ces derniers temps des refuges pour demandeurs d’asiles : on dénombre à ce jour plus de 200 attaques pour la seule année 2015. « Cela est indigne de notre pays », a déclaré Merkel.
 

Les refuges pour demandeurs d’asile objet de plus de 200 incendies cette année

 
Mais elle a reconnu que « les vagues de réfugiés pourraient préoccuper l’Europe bien, bien plus que la question de la Grèce et de la stabilité de l’euro ».
 
Cette irritation populaire qui conduit à des débordements inacceptables est entretenue par l’impression d’incurie face à l’afflux de migrants.
 
Pour Angela Merkel, le problème doit s’aborder de manière politique au niveau de l’UE. Un pas vers un fédéralisme accru : il s’agit de se servir de la crise qui touche les gens dans leur vie quotidienne pour accroître les pouvoirs européens. « La question de l’asile pourrait constituer le prochain projet européen majeur, où nous montrerions dans quelle mesure nous sommes réellement capables d’engager des actions communes », a déclaré Mme Merkel à la télévision publique ZDF.
 

Angela Merkel qualifie l’afflux de migrants de défi plus grand pour l’UE que la crise grecque

 
Après avoir ouvert les frontières et donné à l’afflux d’immigrés une dimension européenne par ce biais, il est facile en effet de réclamer une solution commune, à condition toutefois de passer au-dessus des droits souverains des nations. Du point de vue de l’UE, à quelque chose malheur est bon !
 
Faire apparaître l’Union européenne comme la protectrice du droit et de la sécurité, tel semble être l’objectif du chancelier allemand qui a souligné avec force l’étendue et la gravité du problème, pour l’Allemagne particulièrement. L’Allemagne pourrait connaître cette année un pic de 600.000 demandeurs d’asile, selon certains responsables : Merkel a reconnu que pour le pays, cela représente un « défi » particulier. Nombre de ces étrangers dorment dans des tentes et le nombre de demandeurs ne cesse d’augmenter : une situation « absolument insatisfaisante », a déclaré le chancelier. Litote…
 

L’Union européenne appelée au secours

 
Elle a proposé que l’UE définisse un liste de pays d’origine « sûrs » où la population ne risque ni violences ni persécution, ce qui permettrait évidemment de traiter plus vite, et négativement, les dossiers des demandeurs d’asile en provenance de ces pays. Mais dans le même temps le pouvoir de l’UE en serait accru.
 
Il y a une semaine, en effet, le ministre de l’Intérieur de l’Allemagne a indiqué qu’il était « inacceptable » que 40 % des demandeurs d’asile dans ce pays soient originaires des Balkans : « une situation embarrassante pour l’Europe », a-t-il dit. Mais une situation à laquelle l’Allemagne devrait pouvoir répondre seule selon son appréciation et ses intérêts ! A-t-elle vraiment besoin de l’Europe pour établir une liste de pays d’origine « sûrs » ?
 
La moitié des 300.000 demandes d’asile reçues en Allemagne depuis le mois de janvier proviennent du sud-est de l’Europe : Albanie, Bosnie, Bulgarie, Croatie, Kosovo, Macédoine, Monténégro, Serbie. Berlin cherche actuellement les moyens de mettre un frein à ces dossiers afin de « mieux servir » des ressortissants syriens, irakiens ou afghans. Mais là encore la question se pose : est-ce dans son intérêt ? A-t-elle seulement les moyens de privilégier les réfugiés chrétiens ?
 

Anne Dolhein