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De Budapest à Washington : Angela Merkel, meneuse européenne

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Lundi à Budapest ; le 9 février à Washington. Qu’elle tance le premier ministre hongrois Viktor Orban, ou échange avec le président américain Barack Obama, Angela Merkel apparaît de plus en plus comme l’homme politique qui compte en Europe, tellement, devant ses partenaires ou face aux grands de ce monde, elle manifeste sa volonté d’être la meneuse de la politique européenne.
 
On le sait, le chancelier allemand a un faible pour la rigueur dans le domaine économique. Lorsque nombre de ses partenaires marquent leurs distances vis-à-vis de l’austérité bruxelloise, Angela Merkel prend le contre-pied, allant jusqu’à exiger que tous les Européens s’engagent dans les réformes structurelles nécessaires pour juguler la crise et ses effets. Elle le doit aux Allemands qui, pour avoir supporté le poids économique du reste de l’Union européenne manifestent, depuis des mois, leur ras-le-bol financier.
 

Budapest, Washington : le tour du monde politique d’Angela Merkel

 
Mais ce serait méconnaître la réflexion politique d’Angela Merkel que de vouloir la cantonner au domaine, certes fort important en envahissant aujourd’hui, de l’économie. Ainsi lundi à Budapest a-t-elle critiqué un néologisme habituellement utilisé par son homologue hongrois – « illibéral » – et profité de la circonstance pour donner une leçon de politique à Viktor Orban. Sur le dialogue, le respect des opinions, et donc le rôle de l’opposition, le pluralisme des media : « Dans une démocratie, l’opposition n’es pas un ennemi ; la majorité doit protéger la minorité… »
 
Sauf, apparemment, lorsque celle-ci se permet de dénoncer la place de l’islam en Allemagne, ou de critiquer l’appartenance de celle-ci à l’Union européenne. Angela Merkel pratique depuis longtemps la position énoncée dernièrement par Jean-Claude Juncker, selon lequel certaines opinions contraires à la politique européenne ne sont tout simplement pas démocratiques.
 
Apparemment, Viktor Orban n’a rien rétorqué à son invitée. Il est vrai que la Hongrie bénéficie d’un point de vue économique de sa proximité avec l’Allemagne : des centaines de milliers d’emplois créés par des entreprises allemandes, des exportations importantes… Le premier ministre hongrois s’est donc contenté d’un « merci à l’Allemagne » reconnaissant.
 

La meneuse européenne chez Barack Obama

 
Et Angela Merkel est parti sous d’autres cieux. Lundi prochain, elle sera à la Maison Blanche l’invitée de Barack Obama. On y parlera manifestement de tout : Grèce, islam, terrorisme, crise, Ukraine, Russie, etc. Mais surtout, ce déplacement aux Etats-Unis, et cette rencontre officielle avec Barack Obama vont contribuer à développer l’envergure politique d’une Angela Merkel qui a déjà tendance à mettre le reste de l’Europe au pas.