Arizona : protestations contre une prière sataniste prévue au conseil municipal de Phoenix

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L’inversion satanique.

 
La ville de Phoenix en Arizona prendrait-elle le chemin de l’enfer ? Deux membres du temple satanique de Tucson, Michelle Shortt et Stu de Haan, doivent prononcer la traditionnelle prière publique prévue à l’ouverture de la réunion du conseil municipal, le 17 février prochain. L’autorisation donnée par le maire de Phoenix, Greg Shanton, au nom de la liberté religieuse, a provoqué de nombreuses protestations. Les satanistes, eux, semblent vouloir profiter de l’occasion pour faire supprimer la prière publique elle-même, toujours au nom de la liberté religieuse : si la leur est contestée, pourquoi admettre celle des autres ? Quoi qu’il en soit, Shanton n’entend pas changer d’avis.
 

Une invocation sataniste lors de la prière d’ouverture du conseil municipal ?

 
Les réunions des conseils municipaux de Phoenix ont toujours été l’occasion pour les représentants des divers courants religieux – catholique, juif, musulman, baptiste, sikh, hindou, etc., – d’exprimer une prière en début de séance, sans que cela ne soulève de polémique jusqu’à présent. Le procureur de Phoenix, Brad Holm, a publié un communiqué de soutien à la décision de Greg Shanton : « Conformément aux recommandations de la Cour Suprême des Etats-Unis, la ville ne peut imposer les points de vue religieux ni dicter le contenu d’une prière. De plus, le gouvernement ne peut exclure un culte ou une religion de la récitation des prières dans ces circonstances. »
 
Pour le conseiller municipal Jim Waring, la ville aurait dû s’opposer à la secte du temple satanique, au risque de porter le différend devant les tribunaux : pour lui, l’action de Michelle Shortt et Stu de Haan n’a d’autre but que d’offenser les habitants. Il se demande même dans quelle mesure il ne s’agirait pas d’une astuce pour faire disparaître tout simplement cette institution de la prière en ouverture de conseil municipal.
 

Protestations contre la prière sataniste à Phoenix, Arizona

 
Pour le sataniste Stu de Haan, il s’agit que les minorités soient entendues, assurant que son groupe « ne croit pas en Satan, au sens littéral », mais qu’il envisage le diable de la Bible comme « une métaphore de la rébellion contre la tyrannie ». Il Mais il semble donner raison à Jim Waring en affirmant : « Nous sommes des citoyens de ce gouvernement [local] et nous voulons que nos voix soient entendues. S’ils ne l’acceptent pas, la Constitution exige qu’aucune voix ne s’exprime dans la sphère publique. Soit l’on entend tout le monde, soit personne. »
 
Pour le maire Greg Stanton et la conseillère municipale Kate Gallego, il est important que les satanistes puissent s’exprimer dans la mesure où « la Constitution exige un traitement égal aux yeux de la loi ». Kate Gallego a ajouté : « Je crois que nous vivons dans une société plurielle et s’il ya une prière, nous devons y accueillir tous les points de vue. »
 
L’affaire n’est pas réglée pour autant puisque quatre conseillers municipaux sont décidés à faire approuver une mesure qui empêcherait la « prière » des satanistes, en permettant au conseil municipal de choisir les intervenants.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle