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“ Spermageddon â€ť: la qualitĂ© du sperme baisse, l’humanitĂ© pourrait ĂŞtre infertile d’ici Ă  50 ans

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La fertilitĂ© des hommes est en baisse spectaculaire, au point de menacer Ă  court terme la survie de l’espèce humaine : tel est le constat actuel confirmĂ© notamment l’an dernier par l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem oĂą une Ă©quipe de chercheurs a alertĂ© le monde sur la chute de la qualitĂ© du sperme Ă  la suite d’une Ă©tude d’une envergure sans prĂ©cĂ©dent : près de 60 % de perte en 40 ans. Il n’y a pas que les femmes qui soient infertiles : cela devient un problème de plus en plus masculin et il s’aggrave Ă  une vitesse alarmante.
 
L’étude de l’Université hébraïque portait sur les données de 43.000 hommes en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle Zélande relevées lors de 185 études menées entre 1973 et 2011.
 
C’est une constante, en tout cas dans les pays dĂ©veloppĂ©s, depuis que les Ă©tudes dans le domaine de la numĂ©ration des spermatozoĂŻdes se sont multipliĂ©es. Ainsi en France, le nombre de spermatozoĂŻdes moyen a chutĂ© de 33 % entre 1989 et 2005, et dans une ville britannique la baisse a Ă©tĂ© de 29 % en 13 ans entre 1989 et 2002.
 

Au rythme oĂą baisse la qualitĂ© du sperme, l’avenir de l’humanitĂ© est bien plus menacĂ©e que « la Planète Â»

 
Et il n’y a guère de traitement possible Ă  l’heure actuelle. Selon Stefan Chmelik, mĂ©decin britannique d’un prestigieux cabinet de Harley Street, « au rythme actuel du dĂ©clin de la qualitĂ© du sperme, la race humaine serait infertile ici Ă  50 ans. Je commence Ă  avoir des bĂ©bĂ©s FIV nĂ©s de bĂ©bĂ©s FIV. Je ne cherche certainement pas Ă  juger qui que ce soit, mais c’est difficile de ne pas se demander ce qui va se passer lorsque nous aurons des enfants FIV de 10e gĂ©nĂ©ration. Â»
 
Quelle peut ĂŞtre la raison de cette situation ? Elle n’est pas connue avec certitude, mais pour le Dr Chmelik, le stress moderne n’y est pas pour rien. « Aucune gĂ©nĂ©ration d’êtres humains n’a jamais vĂ©cu le type de stress auquel on est soumis dans les pays dĂ©veloppĂ©s. Le fait d’avoir un toit sur nos tĂŞtes ne nous inquiète plus – aujourd’hui, c’est une affaire de trop de courriels, d’échĂ©ances dans le travail, d’obligations familiales Â», explique le mĂ©decin. « RĂ©sultat : comme le cerveau n’arrive pas Ă  faire la diffĂ©rence entre les menaces physiologiques et psychologiques il n’a qu’une rĂ©ponse possible, la libĂ©ration d’adrĂ©naline Â» – qui a des effets nĂ©fastes sur la production de spermatozoĂŻdes.
 
A l’heure actuelle, environ un couple sur six prĂ©sente des difficultĂ©s pour concevoir, la cause Ă©tant imputable Ă  peu près pour moitiĂ© aux femmes et pour moitiĂ© aux hommes. Et aujourd’hui, au Royaume-Uni, 25 % des cas d’infertilitĂ© ne sont pas expliquĂ©s.
 

Le sperme infertile : une rĂ©alitĂ© peu Ă©tudiĂ©e et sans remède

 
L’alcool, le stress, l’obésité et les antidépresseurs ont un effet néfaste connu sur le sperme, en réduisant sa quantité et sa qualité, mais il est possible que certaines crèmes antisolaires ainsi que les substances utilisées dans des poêles anti-adhésives soient des perturbateurs endocriniens. A quoi s’ajoutent, pense-t-on, les pantalons serrés, les œstrogènes dans les cours d’eau provenant de l’utilisation massive de pilules contraceptives, et la radiation électromagnétique des routeurs wifi. Une récente étude accuse également l’ibuprofène.
 
De nombreux autres composants chimiques modernes sont accusés mais on manque d’études pour en mesurer l’impact sur la fertilité.
 
Le problème majeur n’est pourtant pas là, selon Allan Pacey, ancien président de la British Fertility Society qui accuse avant tout le fait que les couples attendent de plus en plus longtemps avant d’avoir leur premier bébé, alors que la qualité du sperme peut commencer à se détériorer dès l’âge de 25 ans. Les partenaires d’hommes de plus de 40 ans présentent un risque de fausse couche bien plus élevée quel que soit leur propre âge, et ces hommes d’âge mûr ont deux fois moins de chances de les rendre enceintes que les hommes de 25 ans et moins.
 
En définitive, l’infertilité masculine est une sorte de maladie orpheline, compte-tenu du petit nombre de recherches dans le domaine, sans doute aussi parce que par le passé, la stérilité était d’abord imputée aux femmes, note le Telegraph de Londres.
 
Et trop souvent, la FIV prend la relève – «  Essentiellement, il s’agit de traiter la femme pour rĂ©gler le problème de l’homme Â», note le Dr Sarah Martins da Silva, professeur Ă  l’universitĂ© de Dundee. Outre ses inconvĂ©nients moraux, les procĂ©dures de procrĂ©ation assistĂ©e par stimulation ovarienne reprĂ©sentent un vĂ©ritable et très pĂ©nible parcours du combattant…
 
Mais ceci explique peut-ĂŞtre cela : on cherche Ă  maĂ®triser et Ă  techniciser la conception plutĂ´t que de la soutenir sous sa forme naturelle.
 

Anne Dolhein