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Dilemme pour Barak Obama : quand l’EIIL recule, Assad avance

Barak Obama EIIL Assad
 
Barak Obama a-t-il armé et soutenu EIIL, l’Etat islamique en Irak et au levant ? Sur la foi d’une une dépêche Reuters datant d’août 2012, des sites conserveurs américains l’affirment aujourd’hui. Cette dépêche révélait que Barak Obama avait signé, au début de 2012, un ordre secret autorisant la CIA et d’autres agences américaines soutenir les rebelles syriens dans leur lutte pour déposer Bachar el-Assad. En serait seule exclue la fourniture d’armes mortelles. Cette décision faisait suite au constat, corroboré par l’Union européenne, selon laquelle les groupes rebelles auraient alors acquis une meilleure cohérence et une meilleure efficacité.
Une source gouvernementale citée par l’agence assurait alors que les Etats-Unis participaient à un poste de commandement secret en Turquie, près de la frontière syrienne, qui aide à acheminer l’aide aux opposants de Bachar el-Assad. Le financement est assuré, selon des sources gouvernementales européennes citées par Reuters, par de riches familles saoudiennes et qataries.
 

Entre Assad et EEIL, son cœur et ses armes balancent

 
Question : cette aide a-t-elle effectivement contribué à armer ceux qui aujourd’hui tentent d’établir l’Etat islamique en Irak et au Levant ?
Aujourd’hui, ce sont les forces d’El-Assad qui combattent de manière plus soutenue les djihadistes de l’EIIL, multipliant les frappes aériennes sur leurs positions en Syrie. Les Etats-Unis eux-mêmes frappent ces militants sunnites du califat en Irak. Là où l’EIIL avance, Bachar recule, et réciproquement. Le dilemme est là : les ennemis de vos ennemis sont-ils toujours vos amis ?
Le problème est celui-ci : les rebelles syriens ne sont pas à confondre avec les djihadistes de l’EIIL mais agissent sur le même territoire et ont pu s’interpénétrer. Pendant longtemps, le régime d’Assad a fermé les yeux sur l’expansion du mouvement en Syrie, qui servait de « repoussoir » de manière à justifier sa propre lutte contre les rebelles. Mais en même temps il a facilité les offensives djihadistes contre les rebelles « classiques » : utile force d’appoint.
Comment empêcher le soutien – et notamment par la livraison d’armes – apporté aux rebelles d’atterrir chez l’EIIL ? Sur le territoire syrien, c’est une vraie question. Un rapport de Small Arms Survey, organisation de veille basée en Suisse, confirmé par la Federal Aviation Administration américaine, vient d’alerter l’aviation commerciale du risque posé par les centaines d’armes antiaériennes disséminées parmi des groupes armés en Syrie. Elles pourraient facilement être détournées vers des « groupes extrémistes », souligne le rapport.
 

Barak Obama, arroseur arrosé ?

 
Ces armes portables, très mobiles, les « MANPADS », sont difficiles à repérer et capables d’abattre des avions civils volant à basse altitude – aussi, depuis mardi, le survol de la Syrie a été interdit aux vols civils américains. Selon le rapport, elles sont pour la plupart d’origine russe ou chinoise et ont été soit arrachées aux forces gouvernementales, soit convoyées en contrebande vers le rebelles par des nations dont ils ont la « sympathie ».
C’est dire que la menace posée par l’EEIL augmente en intensité. Barak Obama semble être le premier à le croire : il a interrompu ses vacances lundi pour rejoindre la Maison Blanche, où il a déclaré au cours d’une rencontre avec la presse qu’il entend mettre en place une « stratégie à long terme » en vue d’endiguer la progression de l’Etat islamique et même forcer celui-ci au repli. Il a rappelé comment les forces aériennes américaines ont couvert l’offensive des forces irakiennes et kurdes qui a abouti à la reprise du barrage de Mossoul.
Après avoir lui-même, par sa politique, favorisé le chaos. L’éternelle histoire de l’arroseur arrosé ou une habile dialectique héritée de Saul Alinsky ?