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Bataclan : un prêtre, l’abbé Hervé Benoît, relevé de ses fonctions par le cardinal Barbarin

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Le prêtre avait associé les victimes du Bataclan et leurs bourreaux, en les qualifiant de « frères siamois ».


 
A la suite de son analyse des événements survenus le 13 novembre, le cardinal-archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin, a décidé vendredi de relever de ses fonctions un prêtre, l’abbé Hervé Benoît, qui avait établi, sur le site « Riposte catholique », une analogie entre les assaillants de la salle de concert du Bataclan et leurs victimes.
 
L’abbé Hervé Benoît, prêtre du diocèse de Bourges, réputé proche des milieux traditionnels, officiait jusqu’ici à la basilique de Fourvière, à Lyon. Dans un communiqué intitulé « Pleurez avec ceux qui pleurent », le cardinal Barbarin exprime ainsi sa décision : « Après avoir pris le temps de le rencontrer et de l’écouter, j’ai décidé, en accord avec son évêque, Mgr Armand Maillard, de le relever de ses différentes charges pastorales dans le diocèse de Lyon. » Il lui a par ailleurs demandé de se retirer dans une abbaye « pour prendre un temps de prière et de réflexion ».
 

 

Après le 13 novembre, le cardinal Barbarin relève l’abbé Benoît de ses fonctions

 
Une décision que Son Eminence justifie en déclarant : « Dans le contexte qui est le nôtre, il n’est pas acceptable que des chrétiens, à plus forte raison des prêtres, ne s’appliquent pas toujours et le plus possible à maintenir entre les hommes la paix et la concorde fondée sur la justice. »
 
Et c’est sans doute là que d’aucuns manifesteront une incompréhension de la décision du cardinal. Est-il injuste ou faux d’établir une comparaison entre ces jeunes déboussolés venus tuer des gens dont ils détestent le mode de vie, et d’autres jeunes déboussolés venus chanter ou entendre Kiss the Devil ?
 
Certes, on peut admettre que la plupart étaient venus pour le spectacle, et pas dans une intention satanique. Mais, comme il a déjà été observé à plusieurs reprises depuis les événements, on n’invoque pas à la légère le Malin ; on ne l’appelle pas impunément.
 

Bataclan et media

 
Alors, on peut sans doute ne pas apprécier certaines formulations de l’abbé Hervé Benoît. Mais il n’y a probablement rien de faux à évoquer des égarements parallèles. Ou, comme il l’écrit : « Même déracinement, même amnésie, même infantilisme, même inculture. »
 
Henri Tincq s’est fendu d’une fort longue réponse au texte de l’abbé Benoît. Une réponse grinçante, où transparaît son rejet de l’« Eglise d’autrefois » – comme s’il s’agissait d’une autre religion, d’une autre foi.
 
Henri Tincq, chroniqueur catholique, « assidu à la messe » comme il l’écrit, a toujours d’étranges absences. Il a été heurté par le « répugnant amalgame entre terrorisme et avortement ». Parce qu’il y a des catholiques que l’avortement ne heurte pas – enfin beaucoup moins que le terrorisme. Mais, si l’on se place effectivement du côté des victimes, quelle victime plus innocente que l’enfant à naître ? Et si l’on se place du côté des assassins ou des bourreaux… Comment ? Ah oui, pardon ! dans l’avortement il n’y a pas de bourreau ; et on se demande même s’il y a une victime.
 
C’est tellement plus simple, plus confortable. La bonne conscience a quelque chose de terrible qui s’accommode des travers (pour ne pas dire plus) d’une époque, au mieux parce que tout le monde pense ainsi et que l’on n’y peut rien changer ; au pire, parce que, ma foi, oui ! ma foi, il s’agit de ma pratique personnelle, de mon petit salut personnel. Chacun pour soi, et tant pis pour les autres…
 
On pourrait lui retourner ses interpellations à l’abbé Benoît. On ne reprendra que celle par laquelle il l’accuse de ne pas aimer le monde dans lequel il vit. Mais est-ce aimer que de laisser se perdre ? Est-ce aimer que d’exalter un relativisme qui finit par faire se demander à quoi correspond vraiment la foi que l’on pratique ?
 
Est-ce aimer que de finir cette longue et virulente algarade par l’affirmation que, à la place du cardinal Barbarin, il n’accorderait pas l’absolution à l’abbé Benoît !
 
Je ne sais dans quel monde vit Henri Tincq, mais je me demande à quelle Eglise il appartient pour proférer pareille énormité.
 
Il est vrai que, ce disant, Henri Tincq entre dans un domaine où, Dieu merci, il n’a aucun pouvoir. La seule absolution qui soit de sa compétence est médiatique. Et de celle-là, franchement, on n’a rien à faire…
 

Justice et vérité

 
Dans une rapide et sobre réponse à sa mise à pied, l’abbé Benoît souligne que, après avoir commencé par prier et célébrer la messe pour les victimes et leurs familles, il a tenu, comme « citoyen d’un pays libre », à montrer les signes qu’il voyait. Et comme prêtre, à satisfaire au de voir de « justice et vérité » – et notamment « pour les jeunes auxquels on ment et qu’on détourne de Jésus-Christ au risque de leur salut éternel ».
 
Et il ajoute :
 
« Dieu est le seul juge de mes propos.
 
« Comme il est juge de certaines postures auxquelles, pour ma part, je me réserve de donner les suites que m’autorise le droit canonique.
 
« En ces temps difficiles, que Dieu donne la paix aux vivants, et, aux morts, le repos éternel. »
 

François le Luc