Bolivie : un sacrifice humain à la Pachamama condamné en justice

 

Rien de nouveau sous le soleil des indigènes… Deux hommes de la région de La Paz en Bolovie viennent d’être condamnés respectivement à 30 et à 20 années de prison à la suite de la disparition d’une jeune maman de 25 ans, Shirley H. R. A., en 2021. L’enquête qui a abouti à cette condamnation pénale a confirmé que la victime avait été sacrifiée à la Pachamama. Ce qu’on nous vend depuis des années comme une aimable réminiscence du culte de la Terre-Mère en Amérique latine se perpétue encore aujourd’hui sous sa forme la plus extrême : le sacrifice humain.

Félix J. M. CH., 56 ans, et Eduardo M. H., 68 ans étaient accusés de traite de personnes humaines et d’association de malfaiteurs.

A ce jour, le corps de la victime n’a pas été retrouvé. On sait seulement que le 20 octobre 2021, elle avait reçu un appel d’une amie qui travaillait comme Yatiri, « guide spirituel », « celui qui sait » dans la culture aymara, dans la ville de El Alto. Elle s’était rendue d’urgence sur le lieu de travail de son amie, Pamela, qui l’attendait avec son mari : depuis ce moment-là, elle a totalement disparu.

 

En Bolivie, un sacrifice humain à la Pachamama a tué une mère de deux enfants

On pense que Shirley fut contrainte d’ingérer quelque substance stupéfiante qui la laissa inconsciente. Il est établi que le couple prit contact avec Félix, avant de transporter la victime avec lui vers la mine Choro pour l’y remettre à un groupe de mineurs qui l’enterrèrent dans une fosse comme offrande à la Pachamama. L’autre condamné, Eduardo, est celui qui a contacté les mineurs et organisé la vente de la jeune femme.

Il a fallu une enquête serrée mettant en œuvre des relevés de téléphonie portable et de géolocalisation, et reposant également sur des témoignages explicites, le tout prouvant que la victime avait bien été au contact des criminels. Plusieurs personnes impliquées n’ont pas pu être jugées parce qu’elles ont pu s’enfuir pour le Brésil, et elles font actuellement l’objet de mandats d’arrêt en vue de leur extradition.

La presse locale a expliqué les raisons de ce crime. Elle rappelle que la Pachamama représente la déesse de la fertilité pour les peuples andins, raison pour laquelle elle est vénérée à travers des offrandes qui, actuellement, prennent souvent la forme de sacrifices d’animaux et de présentation rituelle de produits agricoles, comme on peut le voir lors de cérémonies édulcorées auxquelles participent jusqu’à des cardinaux de l’Eglise catholique, au nom du respect pour la culture indigène. On se souviendra aussi de la cérémonie qui eut lieu dans les jardins du Vatican avec une sculpture de femme enceinte qui fit quelques jours plus tard son entrée dans la basilique Saint-Pierre dans le cadre du synode sur l’Amazonie.

 

La Pachamama veut du sang, même humain

On parle plus rarement de la croyance selon laquelle la Pachamama a besoin de sang pour être favorable, à la fois pour demander des récoltes abondantes et pour remercier des biens matériels reçus. El Deber décrit ainsi un rituel d’offrande Cette cérémonie est présentée frauduleusement comme une cérémonie pagano-catholique, car il n’y a rien de catholique là-dedans : « Dans le cadre de ce rituel, les mineurs dressent des autels avec de l’encens, des herbes et des racines, qu’ils aspergent ensuite d’alcool et de bière. Ils égorgent ensuite plusieurs lamas et leur arrachent le cœur, lors d’une cérémonie appelée “wilancha”. Certains font la fête avec enthousiasme ; d’autres demandent pardon à Dieu pour les erreurs commises. C’est un rituel païen-catholique. Un autre mineur emporte le cœur du lama dans un récipient et s’enfonce dans les profondeurs de la mine, jusqu’à environ 300 ou 400 mètres, là où l’on estime qu’il y a un important filon de minerai. »

Selon le tribunal d’El Alto, il n’y a pas de doute que c’est lors d’un rituel semblable à celui-ci qu’est morte Shirley, mère de deux enfants de 2 et 4 ans. Le culte de la Pachamama est ainsi révélé dans sa réalité la plus brutale et dans ses dimensions les plus infernales. Il est aux antipodes de la spiritualité indigène supposément inoffensive si volontiers donnée en exemple, en même temps que l’on dénonce les exagérations des colonisateurs horrifiés par ces pratiques.

 

Le culte de la Pachamama prêché aux enfants

Qu’on pense au film pour enfants Pachamama, dessin animé glorifiant la reconnaissance des peuples indigènes vis-à-vis de la nature en lui portant des cadeaux. Il avait fait l’objet de critiques dithyrambiques au moment de sa sortie en 2018. Le Monde notait par exemple : « Antiaméricain par son esthétique, anti-impérialiste par son propos, écologique et respectueux des traditions autochtones, en un mot du côté des Indiens d’Amérique plutôt que de leurs conquérants, Pachamama est un film qui se veut à la fois divertissant et pédagogique. »

Clairement, c’est l’idolâtrie panthéiste qui est ainsi prêchée, et même aux enfants, et même par l’UNESCO et par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) qui leur destinent un livre intitulé Pachamama, Notre Terre, notre futur.

Le crime mis au jour au Pérou démontre son caractère démoniaque. C’est le vrai visage de la spiritualité globale.

 

Jeanne Smits