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Le semi-Brexit proposé par Theresa May rejeté massivement par les Britanniques. Un secrétaire d’État démissionnaire évoque un sabotage planifié

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Malgré une série de votes favorables sur la loi pour la sortie de l’UE à la Chambre des Communes la semaine dernière, le plan de Theresa May, qui a provoqué la démission de deux ministres, ne convainc pas les Britanniques. Un sondage YouGov publié dimanche par le Sunday Times montre au contraire un rejet massif du livre blanc pour le Brexit perçu comme une trahison des résultats du référendum de 2016. Pour couronner le tout, un secrétaire d’État du ministère pour la Sortie de l’UE a dénoncé dans le Telegraph un sabotage planifié du Brexit par le premier ministre et son entourage.
 

Le sabotage du Brexit préparé depuis plusieurs mois par Theresa May et son entourage

 
C’est Steve Baker qui a formulé ces accusations le 15 juillet dernier. Démissionnaire en même temps que le ministre David Davis, il a justifié sa décision par la découverte d’un plan secret de l’Establishment en faveur d’un Brexit beaucoup plus « doux » que celui préparé par son ministère. Le ministère de David Davis n’aurait servi qu’à détourner l’attention de ce que le cabinet du premier ministre préparait en cachette. Baker a reproché au gouvernement de s’être ainsi mis lui-même en position d’avoir à « supplier » l’UE, ce que semble confirmer le rejet des propositions de Theresa May par Michel Barnier et consorts à Bruxelles.
 

Les Britanniques perdent confiance dans les grands partis, jugés incapables de respecter la volonté des électeurs

 
Steve Baker a prévenu dans son entretien avec le Telegraph que la trahison des électeurs par Theresa May risquait de leur faire perdre confiance dans la démocratie et de les pousser vers les extrêmes puisqu’ils « ne peuvent pas obtenir ce qu’ils veulent des partis mainstream ». Le sondage YouGov publié dimanche lui donne raison. Selon ce sondage commandé par le Sunday Times, seuls 16 % des électeurs considèrent que Theresa May gère bien les négociations pour la sortie de l’UE et 34 % pensent que le ministre des Affaires étrangères démissionnaire Boris Johnson ferait un meilleur travail. Le plan de Theresa May ne serait soutenu que par 10 % des électeurs en cas de deuxième référendum et 38 % des électeurs se disent prêts à voter pour un nouveau parti de droite qui promettrait un vrai Brexit. Près du quart des électeurs voteraient même pour un parti clairement anti-immigration et anti-islamisation. La fuite des électeurs conservateurs après la divulgation du plan de Theresa May profite au Parti travailliste qui a pris la tête dans les sondages après la réunion du gouvernement à la résidence de Chequers. Le soutien en faveur de Theresa May de certains partisans déclarés du Brexit, comme le ministre chargé des relations avec la Chambre des Communes, ne suffira sans doute pas à mater la rébellion et à sauver le Parti « conservateur » de la défaite en cas d’élections anticipées. La perspective d’une victoire électorale des Travaillistes et d’un gouvernement dirigé par le très gauchiste Jeremy Corbyn explique néanmoins sans doute pourquoi Theresa May parvient encore, malgré sa trahison et son impopularité, à remporter des votes à la Chambre des Communes.
 

Olivier Bault