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Brexit : qui paiera les pensions des fonctionnaires européens britanniques ?

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Des retraités britanniques à Ohriuela, la ville d’Espagne qui comptent le plus de résidents britanniques du pays.


 
L’addition s’annonce salée. Alors que le Royaume-Uni s’apprête à négocier sa sortie (plus ou moins…) de l’Union européenne dans la foulée du vote pour le Brexit, Bruxelles vient de faire ses calculs : les pensions qu’il va falloir continuer de verser aux fonctionnaires britanniques des institutions européennes représentent actuellement environ 1,4 million d’euros par an et devraient représenter au total 60 milliards d’euros. Quelque 1.730 Britanniques bénéficient actuellement du généreux système de retraite dont jouissent déjà 22.000 fonctionnaires européens pensionnés. Cela représente 8 % du total et l’UE verrait bien le Royaume-Uni prendre le relais de ces paiements…
 
Pour Bruxelles, les choses sont simples : dès lors que le Royaume-Uni aura quitté l’Union européenne, il lui appartiendra de financer les retraites restant à servir aux bureaucrates dotés d’un passeport britannique. A Londres, on a déjà fait savoir que le Royaume-Uni ne saurait être tenu pour responsable des pensions versées par les institutions européennes.
 

Le Brexit ne garantit pas aux Britanniques de ne plus participer à la gabegie

 
Cela fait des années que le Royaume-Uni conteste la générosité du plan de retraite : 70 % du salaire de base, avec une augmentation annuelle de 1,9 %. Le salaire moyen d’un bureaucrate de Bruxelles atteint aujourd’hui les 78.503 euros, et même près de 91.000 euros pour les deux tiers des fonctionnaires qui bénéficient d’un supplément d’expatriation. Ce qui laisse augurer d’une retraite confortable, sinon longue et heureuse !
 
Cette politique salariale généreuse est imputable directement à l’UE puisque même le Conseil européen, qui regroupe les gouvernements des pays membres de l’Union, est très critique à son égard.
 

Les pensions des fonctionnaires européens britanniques représentent 60 milliards…

 
La question des pensions devrait constituer un point épineux lors des pourparlers de sortie – la presse britannique y voit la matière d’un « clash » futur où le gouvernement de Theresa May ne voudra rien céder et où Bruxelles, au motif que le budget est de la « commune responsabilité » des Etats membres, exigera probablement le paiement d’une grosse somme pour couvrir la dette future.
 
Sous le coup de l’exaspération des Etats membres, la Commission européenne, elle, a promis de réduire ses propres coûts administratifs de 6 milliards d’euros d’ici à 2020, mais on doute qu’elle parvienne à réduire les salaires des fonctionnaires (de 2.600 euros mensuels pour une secrétaire à 20.000 euros pour un commissaire). Sans compter les indemnités pour les ex-commissaires qui perçoivent 60 % de leur salaire pendant les trois ans qui suivent leur départ… Même lorsqu’ils retrouvent rapidement un poste lucratif.
 
Il paraît que cela « porte atteinte à la crédibilité » de l’institution. S’il n’y avait que cela !
 

Anne Dolhein