La secrétaire britannique à l’énergie contre le « net zéro » contraint

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Le principe de réalité serait-il à l’œuvre ? Ou la peur de déconvenues électorales ? Dans le monde des injonctions « écologiques » au nom des ODD (Objectifs du développement durable) de l’ONU et des engagements des conférences sur le climat, tout ne va pas sans heurts. Peut-être même recourt-on ici ou là à la technique de la sincérité passagère pour réduire un peu la pression qui s’accumule sur le contribuable et électeur ordinaire dans les pays occidentaux qui paient actuellement au prix fort la course vers le « net zéro », la mythique et inutile poursuite de la « neutralité carbone ». Au Royaume-Uni, c’est le Secrétaire à l’énergie soi-même, Mme Claire Coutinho, qui tient actuellement le discours anti-Vert. Dans une certaine mesure…

Les industries et commerces britanniques pourraient être écrasés par la politique du « net zéro », a-t-elle déclaré ce mardi lors d’un discours à la conférence « Innovation Zero » (sic). Mme Coutinho, qui se dit « fière » des progrès faits en matière de « décarbonation » au Royaume-Uni, a dénoncé le « léviathan de la planification centrale » et plaidé pour la liberté du marché, afin que ce soit celui-ci qui fasse progresser la marche vers les objectifs du climat.

 

Le « net zéro » contraint écrase les entreprises

Le discours, qui avait pour cible des centaines d’entrepreneurs de « l’économie verte », a été interrompu par les vociférations de manifestants écologistes, alors même qu’elle se félicitait du fait que 24 milliards de livres ont été investis dans le pays en « énergie propre » depuis qu’elle a pris son poste en septembre dernier.

Les protestations visaient le soutien gouvernemental aux « énergies fossiles » – pourtant nécessaire pour compenser les ratés des énergies dites « durables » qui fonctionnent quand il y a du vent ou du soleil. Les manifestants ont fini par être éconduits par le personnel de sécurité.

A ce stade, sous la conduite du Premier ministre Rushi Sunak, plusieurs engagements britanniques sont au point mort et l’on parle de ne pas pénaliser les « familles des classes laborieuses ». (Pour les autres, pas de problème ?) Pendant ce temps, l’aile droite du parti conservateur, autour de Jacob Rees-Mogg et de l’ancienne locataire du 10 Downing Street, Liz Truss, ont repris les appels du parti alternatif Reform UK à abandonner purement et simplement tous les objectifs « net zéro » qui restent. Pour le parti conservateur, sous le feu de la critique en raison du problème de l’immigration clandestine qui n’a fait que s’aggraver, et des coûts et des règlements délirants liés à la transition énergétique, c’est sans doute la seule planche de salut.

 

La ministre britannique Claire Coutinho dénonce le « léviathan de la planification centrale »

Claire Coutinho – dont les parents Indiens et chrétiens étaient originaires de Goa, ancienne colonie portugaise – porte donc ce discours, en dénonçant en priorité la voie de l’approche directive du gouvernement : « Il s’agit d’un système où les objectifs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus étroits, où le gouvernement dicte la production et les prix, et où le léviathan de planification centrale du “net zéro” broie notre magnifique économie d’entreprise. »

Et de plaider pour l’innovation choisie et profitable pour les consommateurs plutôt que pour les interdits, alors que le Royaume-Uni n’est responsable que d’un pourcent des émissions de CO2 mondiales. Le président de la conférence, Liam Fox, ancien ministre du commerce, a quant à lui plaidé pour la fin de la culture des « punitions » destinées à « contraindre les gens à décarboner ».

Plus tard dans la journée, le chancelier de l’Echiquier, Jeremy Hunt, a cependant confirmé que la question des engagements net zéro du Royaume-Uni restent au centre du « plan économique » du parti conservateur – mais aussi du parti travailliste, puisqu’il existe un « consensus » parmi les deux grands partis à ce sujet.

Un tel unanimisme permet bien quelques écarts de langage pour séduire la galerie… L’important est de croire en la légitimité de la lutte contre le CO2. La religion est sauve.

 

Anne Dolhein