Théologien en ancien consultant de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, vieil ami et collaborateur de Benoît XVI, Mgr Nicola Bux a publié une lettre ouverte adressée au pape Léon XIV lui demandant d’agir en urgence pour préserver l’unité de l’Eglise, selon le principe « bâtir l’Eglise, c’est bâtir la paix ».
Mgr Bux soulève trois points majeurs. Sur le premier, relatif aux sacres annoncés par la FSSPX, il demande au pape « de reprendre le dialogue initié par Benoît XVI par le motu proprio Summorum Pontificum », et de « donner l’exemple en permettant à toute l’Eglise de célébrer, parallèlement au nouveau rite, l’ancien rite romain, tout en réaffirmant la validité de la réforme liturgique et l’inviolabilité du Concile Vatican II, comme pour tout autre concile œcuménique ».
Le deuxième point concerne le « chemin synodal » allemand. Mgr Bux implore le pape « de clarifier que ce chemin ne saurait délibérer sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle, et que la pastorale est indissociable de ces dernières ». Il note : « L’Église n’est inclusive que si ceux qui souhaitent y entrer reçoivent l’initiation sacramentelle et si ceux qui souhaitent s’en détacher suivent le chemin de la pénitence. »
Troisièmement, le théologien évoque « l’absence de réponse, ou la réponse insuffisante, aux dubia des cardinaux sur les questions doctrinales et pastorales des récents synodes » et souligne que « de nombreux fidèles à travers le monde attendent cette réponse, non pas sous la forme d’une interview (…) mais sous la forme d’un document d’une autorité égale ou supérieure » aux documents visés.
Et Mgr Bux d’affirmer : « Les fidèles ont besoin d’être affermis dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité fondamentale de la foi, car le Saint-Esprit ne peut renier ce qu’il a inspiré à l’Eglise tout au long de ses deux mille ans d’histoire. Les fidèles ont besoin de redécouvrir, avec saint Irénée, que le Christ a tout renouvelé en venant à nous, et qu’il n’y a rien de nouveau à espérer, si ce n’est la proclamation toujours renouvelée de l’Evangile du Christ. Les fidèles doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d’une décennie de confusion, que le Saint-Esprit renouvelle en effet toutes choses, mais au sens de les amener à leur plénitude finale (novus), en harmonie – et non en contradiction – avec ce qui a été inspiré jusqu’à présent. »
Il lance enfin cette supplique : « En vertu de la prérogative indispensable de la charge pétrinienne, je vous supplie, Votre Sainteté, de déclarer clairement ce qui est vrai et ce qui est faux, afin que toute l’Eglise puisse se conformer à votre parole. Votre Sainteté a dit à juste titre que suivre le Christ exige la conversion et que “nous devons chercher les moyens de bâtir notre unité sur Jésus-Christ et sur son enseignement”. Or, Votre Sainteté, le seul moyen que nous connaissions pour y parvenir est précisément et uniquement de défendre la vérité. Je vous implore, Saint-Père, d’agir promptement. Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irrémédiable. »











