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La Chine va généraliser son marché carbone : il sera national dès 2017

Chine généraliser marché carbone national 2017
 
Après une phase pilote démarrée en 2011, la Chine va généraliser son marché carbone qui devrait devenir national en 2017, institutionnalisant les échanges de quotas entre les entreprises fortement consommatrices et celles qui n’épuisent pas leurs droits à émissions. L’idée des quotas d’émissions de CO2 repose sur un recours supposé « vertueux » aux lois des marchés, qui inciterait les acteurs économiques à réduire leurs émissions afin d’alléger leurs coûts. En pratique, c’est avant tout un « business » très lucratif où l’émission de gaz à effet de serre apporte des revenus à certains… cherchez l’erreur.
 
La Chine a lancé ses programmes pilotes dans des villes comme Pékin et dans des provinces plus « avancées » comme le Guangdong : il en fonctionne actuellement sept qui « tournent bien » selon le représentant spécial de la Chine pour le climat, Xie Zhenhua. Celui-ci a précisé que le marché carbone étendu à l’ensemble du pays en 2017 adoptera la même approche financière de marché. Mais de là à penser que tout le monde jouera le jeu en Chine il y a un grand pas.
 

La Chine a déjà un programme pilote de sept marchés carbone

 
Les sept programmes pilotes ont permis l’échange de 40,24 millions de tonnes de carbone entre leur mise en place et la fin août 2015, soit des transactions qui se sont montées à 185,3 millions de dollars. Sous le regard du China Carbon Forum, une « association à but non lucratif » basée à Pékin et qui bénéficie de multiples soutiens internationaux, la Chine joue aux bons élèves de la « lutte contre le réchauffement climatique ». Son directeur, Dimitri de Boer, a rappelé tout de même à quel point il est difficile de mettre en place un système d’échanges efficace : « L’Europe essaie de le faire depuis plus de dix et cela a été assez difficile », a-t-il souligné.
 
« Echanger quelque chose que l’on ne peut ni voir ni toucher, et des émissions carbone qui n’ont pas encore été émises, c’est un concept assez abstrait pour beaucoup », met-il en garde. En effet…
 

Le marché carbone chinois sera national dès 2017

 
Le système s’annonce prometteur cependant dans la mesure où la Chine a déclaré que ses émissions n’atteindraient leur point le plus haut qu’en 2030, à l’heure où elle produit déjà à elle seule 30 % des émissions mondiales, loin devant l’Europe et même les Etats-Unis. Autrement dit, elle compte bénéficier encore longtemps de l’énergie bon marché génératrice de CO2 tandis que ses concurrentes s’imposent les règles strictes de la lutte contre le « réchauffement climatique » – de plus en plus controversé.
 
Prometteur, donc, par les millions et les milliards qui seront brassés. Les sociétés de conseil pour les échanges carbone poussent déjà comme des champignons en Chine : vendre du vent ne suffit plus, on peut aussi « vendre » du conseil sur la meilleure manière de le faire !
 

La Chine généralise le marché carbone et les profits qui vont avec

 
On s’attend également à une montée des investissements dans les entreprises du secteur des énergies nouvelles, qui bénéficieront de quotas carbone propres à leur assurer des prêts plus importants de la part des banques : il s’agit bien d’un interventionnisme sur le marché qui fait des heureux au passage.
 
Tous les ingrédients sont là, en fait, pour faciliter la corruption. Aussi, bien des entreprises chinoises ont-elles déjà fait part de leurs inquiétudes quant à la transparence du système. Et c’est Bai Yunwen qui le dit, lui qui est directeur du centre d’études politiques de Greenhovation Hub, une ONG chinoise active dans le domaine du changement climatique et de la protection de l’environnement.
 
Une ONG libre et indépendante, en Chine ? Dans un Etat communiste, elle est forcément sous surveillance idéologique, et d’ailleurs elle est parfaitement alignée sur la pensée unique « réchauffiste ».
 

Anne Dolhein