fbpx

“Cinquante nuances de Grey” : l’opposition grandit et s’organise contre le film BDSM

Cinquante nuances de Grey opposition contre film BDSM
 
La sortie de la version filmée du roman sado-maso pour ménagères en mal de sensations est prévue pour le 11 février en France, et marquera la Saint-Valentin dans le monde anglo-saxon : Cinquante nuances de Grey bénéficie d’une promotion omniprésente et on ne peut plus prendre le métro parisien sans être confronté aux affiches présentant son « héroïne » en posture visiblement inconfortable. Tout cela serait tout simplement triste si le mal n’était pas plus profond. S’adressant au grand public (le film a été classé « R » aux Etats-Unis, il est donc accessible aux mineurs à condition qu’ils soient accompagnés d’un parent ou d’un tuteur), il suggère que les pratiques déviantes en matière sexuelle sont normales et désirables. Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, l’opposition grandit et s’organise contre ce film BDSM : « bondage, domination, sadomasochisme ».
 
Le marketing fonctionne à plein et les préventes des places laissent présager un succès au box office qui rejaillira sur le sujet du film. On n’a pas vraiment besoin de présenter son sujet : une jeune femme, vierge, tombe entre les griffes d’un « dominant » manipulateur et sadique qui l’induit à se soumettre à ses désirs les plus violents, les plus pervers, les plus bizarres. Elle accepte : tout cela est présenté comme un roman d’amour.
 

20 minutes de scènes BDSM

 
On sait d’ores et déjà que le film comportera 20 minutes de scènes « sexuelles » qui n’ont rien de romantique, soit un cinquième de sa durée totale. Pornographie ? Bien sûr, on nous expliquera que techniquement, Cinquante nuances de Grey ne répond pas à cette définition. En attendant, ce sera – note LifeSiteNews – l’un des films les plus « explicites » de la catégorie « R » jamais diffusés.
 
Pour les producteurs du film, c’est une aubaine. Tout comme le lectorat de Cinquante nuances de Grey, le film vise un public qui ne s’intéresserait sans doute pas à la pornographie mais qui se laissera happer sous prétexte de phénomène de mode et de volonté de s’encanailler. Les femmes de tous âges en premier lieu – et plus encore les jeunes femmes qui risquent de voir leur vision de l’amour durablement atteinte, tant le roman comme le film brouillent les cartes entre les rapports physiques à dimension humaine et leur perversion par la violence et les pratiques BDSM.
 

“Cinquante nuances de grey” irrite les féministes

 
Si des groupes conservateurs expriment leur préoccupation et leur colère, il en va de même pour les féministes outrées de voir effacer les frontières entre la sexualité entre adultes consentants et la soumission imposée par un prédateur sexuel. Ici, l’abus sexuel est présenté comme fascinant.
 
Aux Etats-Unis, une pétition demandant le boycott du film – le boycott n’y est pas contraire à la loi, à l’inverse de la règle française – a déjà recueilli 45.000 signatures. Cinquante nuances de Grey y est accusé de promouvoir la misogynie et les abus sexuels au moyen du DBSM, le tout sous couleur de « romantisme ».
 
Le Centre national de l’exploitation sexuelle aux Etats-Unis propose de son côté de donner les 50 dollars qu’auraient coûté le film, la baby-sitter et le traditionnel sachet de pop-corn à un centre d’accueil pour femmes battues : dans la vraie vie, les femmes « ne finissent pas comme Anastasia : souvent, elles se retrouveront dans un refuge pour femmes, en fuite, ou mortes », assure le groupe. « Hollywood n’a pas besoin de votre argent ; les femmes battues, si. »
 

L’opposition contre le film mobilise même les BDSM

 
Au Royaume-Uni, une association de prévention des violences domestiques entend même organiser une manifestation lors de la première. Le groupe souligne qu’il y a beaucoup à dire sur les pratiques BDSM, mais en cette occurrence il entend mettre en avant les critiques de la « communauté » BDSM elle-même, furieuse de voir comment Cinquante nuances de Grey présente leurs choix : « Ce film rend romantique un responsable d’abus sexuels. »
 
On sait déjà que les lectrices de Cinquante nuances de gris présentent plus de risques que les autres de se retrouver dans une relation abusive.
 
Le film, comme le livre, laisse croire que tout cela est normal. Les Etats-Unis ne seraient pas les Etats-Unis si un groupe de « conservateurs sociaux » n’y avaient déjà allumé un contre-feu : le jour de la sortie de Cinquante nuances de Grey, un film indépendant, « moral » sans complexes, sortira grâce à eux dans les salles. Old-Fashioned (« Comme autrefois ») est un film propre qui exalte l’amour vrai et l’innocence. Ce n’est sans doute pas à la mode. Mais alors que la tristesse de la pornographie gagne du terrain, il pourrait bien attitrer ceux qui ont envie de rompre avec les histoires sans issue.