fbpx

Le Conseil de sécurité de l’ONU prévoit un cessez-le-feu en Syrie

Conseil sécurité ONU cessez feu Syrie

Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies votent une résolution sur la Syrie, le 18 décembre 2015, à New York (Etats-Unis).


 
Le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies a adoptĂ© vendredi, Ă  une unanimitĂ© assez rare sur ce sujet pour ĂŞtre notĂ©e, une rĂ©solution sur le conflit syrien prĂ©voyant notamment un cessez-le-feu, mais envisageant aussi la mise en place d’un gouvernement de transition. On sait que ce dernier point divise l’ONU depuis le dĂ©but ; mais le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama a de nouveau rĂ©clamĂ© la tĂŞte de Bachar el-Assad peu avant l’adoption de cette rĂ©solution.
 
Le texte de la résolution, qui fait quatre pages, et a été discuté de façon très serrée, demande donc à l’ONU, d’une part, sur le premier point, de préparer un mécanisme de supervision du cessez-le-feu dans un délai d’un mois, et, d’autre part, sur le second point qui demeure délicat, d’organiser début janvier des négociations formelles entre le gouvernement de Damas et l’opposition.
 

La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU

 
En rĂ©alitĂ©, toute la rĂ©solution demeure relativement hypothĂ©tique, puisque les deux points ont Ă©tĂ© liĂ©s. Ainsi est-il notĂ© par les rĂ©dacteurs de la rĂ©solution que le cessez-le-feu pourra entrer en vigueur « dès que les reprĂ©sentants du gouvernement syrien et de l’opposition auront fait les premiers pas en direction d’une transition politique sous l’égide de l’ONU Â».
 
A partir de lĂ , on comprend que toute la rĂ©solution repose sur le dĂ©sir d’une majoritĂ©, composĂ©e pour l’essentiel des AmĂ©ricains, des EuropĂ©ens et des Arabes, de se dĂ©barrasser du prĂ©sident syrien Bachar el-Assad, alors qu’une minoritĂ©, emmenĂ©e par la Russie, s’y oppose, et a demandĂ© qu’il soit prĂ©cisĂ© dans le texte de la rĂ©solution qu’il revient au peuple syrien de « dĂ©cider de l’avenir de la Syrie Â».
 
Au cas oĂą on ne l’aurait pas compris, le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain John Kerry a prĂ©cisĂ© Ă  l’issue du vote que le sort du prĂ©sident syrien continuait de susciter de « fortes divergences Â».
 
Vendredi, à New York, se tenait également la troisième réunion des pays du Groupe de soutien international à la Syrie depuis son lancement fin octobre. Les chefs de la diplomatie des dix-sept pays qui le composent ont étudié, de façon plus délicate encore, la feuille de route pour parvenir à la paix en Syrie – de façon plus délicate puisque ce groupe compte des pays aux avis très divergents, tels que la Russie, les Etats-Unis, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Iran, etc.
 

Un cessez-le-feu en Syrie paraît utopique dans ces conditions

 
Cette feuille de route, dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©e lors des deux premières rĂ©unions les 30 octobre et 14 novembre Ă  Vienne, s’est Ă©videmment trouvĂ© renforcĂ©e par le vote de la rĂ©solution de l’ONU, puisqu’elle comporte – sans surprise – les mĂŞmes deux points principaux. Elle prĂ©cise au chapitre du cessez-le-feu, que celui-ci ne s’appliquerait pas Ă  l’Etat islamique, au Front al Nosra et Ă  d’autres groupes islamiques armĂ©s.
 
On reste étonné d’une telle précision. D’abord parce qu’on imagine bien que l’Etat islamique n’a strictement rien à faire d’une résolution de l’ONU, ou de toute autre décision.
 
Mais surtout parce qu’il semble qu’évoquer une paix qui ne s’impose pas aux islamistes revient à parler pour ne rien dire.
 
Sauf, Ă©videmment, Ă  accrĂ©diter les mensonges du prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama qui affirmait vendredi : « Je pense qu’Assad devra partir pour que le sang cesse de couler dans le pays et que toutes les parties puissent avancer sur la voie d’une solution non confessionnelle. Il a perdu toute lĂ©gitimitĂ©. Â»
 

Un peu d’introspection ne ferait pas de mal à Barack Obama…

 
Parce que les djihadistes n’attendraient que le dĂ©part du prĂ©sident Assad pour dĂ©poser les armes ? C’est positivement grotesque.
 
On pourrait, au passage, tenter de répondre à la question de savoir avec quelles armes se bat l’Etat islamique…
 
Quant à la légitimité du président syrien… Il faut admettre que voir cette question posée par un président américain dont les armées se battent actuellement en divers points du globe a quelque chose non pas de savoureux, mais de choquant. Pour une fois, comme disent les enfants en cours de récréation, c’est celui qui dit qui y est…
 

François le Luc