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La conversion catholique d’un protestant à travers le combat pro-vie

Conversion pro vie catholique
 
David Bereit est le co-fondateur et le PDG de « 40 Days for Life », campagne pro-vie qui rassemble au moins deux fois par an, dans de nombreux pays du monde, des bénévoles locaux pour prier et jeûner pendant quarante jours devant des hôpitaux ou des cliniques qui pratiquent des avortements. Catholique ? Jusqu’au mois d’avril dernier, il ne l’était pas, bien que marié à une pratiquante assidue qu’il a suivie à la messe tous les dimanches pendant 26 ans… Élevé dans l’Église presbytérienne, il s’est heurté durant des années à de multiples interrogations.
 
Il y a la compréhension de la Foi dans ses articles. Mais il y a aussi cet éclat fulgurant donné par la grâce, ce mouvement personnel et intime de l’âme qui s’abandonne et choisit de croire, qui accepte enfin la main tendue du Christ, dans une pleine conversion.
 
Belle illustration que l’histoire de ce David Bereit qui a tant fait pour les tout-petits avant de se faire rattraper par le Christ.
 

75 % à 80 % des participants aux « 40 Days for Life », sont catholiques

 
David Bereit était peut-être ce qu’on appelle un mécréant… mais c’était déjà un homme engagé. En 2001, moins de dix ans après son mariage, il renonça à son poste confortable et à sa voiture de fonction pour rejoindre la Coalition for Life. Trois ans plus tard, en 2004, il lançait « 40 Days for Life ».
 
Évidemment, 75 % à 80 % des participants de ces jours de prière incroyables qui sauvent tous les ans des centaines d’enfants (14 643 depuis 2007 !) sont catholiques. Tout comme la femme de David Bereit, Margaret… Et David fut peu à peu attiré par le dévouement et la force de ces témoins qui écornèrent les premiers préjugés qu’il avait sur l’Église romaine.
 
Pourtant, il avait encore devant lui des années de prière et de discernement – et « beaucoup de lutte avec Dieu », comme il l’a confié à LifeSite. Il avait même pensé au départ qu’il convertirait au royaume protestant sa « pauvre petite amie induite en erreur ». Mais la foi de Margaret était rayonnante. C’est tout le contraire qui se produisit.
 

Comment l’ouverture à la vie de l’Église a décidé un protestant à agir

 
« L’un des premiers domaines où j’ai commencé à voir la sagesse profonde de l’Église fut l’enseignement sur la contraception ». Tout ce chapitre essentiel sur l’ouverture à la vie fut oublié pendant leur préparation au mariage et ils découvrirent bien après, quand ils cherchèrent à avoir ces enfants qui ne venaient pas (et qui vinrent par la suite !) la beauté de l’enseignement catholique sur la sexualité.
 
Néanmoins, demeuraient toujours ces points de friction, tels que la succession apostolique, la présence réelle dans l’Eucharistie et la virginité de la Vierge Marie… David Bereit n’était toujours pas prêt.
 
Mais le 8 septembre 2017, en voyage, il se retrouve en ligne avec l’un de ses collaborateurs des « 40 Days for Life », Brian Westbrook : il lui confie ses réticences religieuses encore prégnantes, alors que commence la semaine d’après le RCIA (« Rite of Christian Initiation of Adults », le catéchuménat) auquel il hésite à participer… Westbrook sort tout juste d’une heure d’adoration et trouve les mots justes : « Trouvez une église qui a l’adoration perpétuelle, arrêtez-vous et demandez au Seigneur ».
 
David Bereit s’arrête à Charlottesville, dans une église où l’adoration a lieu, s’agenouille. « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » demande-t-il. « Une vague de paix m’a submergé, que je n’avais jamais ressenti aussi profondément auparavant. Et cette paix entourait le mot simple, « Commence ». J’ai passé le reste de l’heure avec ça. Impossible de me débarrasser du mot « commence » ».

L’ultime étape de la conversion de David Bereit : « J’étais l’obstacle »

 
Le lundi suivant, il se rendait à son premier rendez-vous de catéchumène et demandait à sa propre femme, Margaret, d’être sa marraine. Seulement, la lutte n’était pas terminée. « Je suis probablement, à ce stade, à 97-98 % du chemin pour croire complètement et avoir une totale conviction… » mais il y avait ces deux pour cent. « Dans mon esprit, c’était comme si je luttais toujours avec Dieu (…) Je me suis finalement rendu compte que, vraiment, ce qui se tenait entre moi et ces deux derniers pour cent, c’était moi, j’étais l’obstacle. Ce n’étaient pas les points théologiques ».
 
La Semaine Sainte arrivait et avec elle la perspective du baptême de la veillée pascale. David Bereit ne lâchait pas prise. C’est alors qu’il eut l’idée de rester à l’Adoration qui avait lieu après la cérémonie du Jeudi Saint : tout y avait commencé, tout y finirait peut-être, après tout ? A genoux, il posa la même question au Seigneur : « Vous m’avez conduit jusqu’ici, vous m’avez dit de « commencer », Que voulez-vous maintenant que je fasse ? »
 
La même paix qu’au mois de septembre l’envahit alors, ainsi que le mot « Continue ». « Je me sentais juste condamné à continuer. Et je me suis enfin rendu compte que le fait d’entrer dans l’Église n’était pas la fin du voyage, mais le début d’un prochain chapitre ».
 
David Bereit rentra ce soir-là chez lui, serein et confiant. Il avait fait l’ultime geste d’abandon, il avait enfin dit oui au Christ et accueilli la grâce toute entière. Il a fallu qu’il accepte de ne pas pouvoir tout traiter intellectuellement : « Il y a certaines choses sur Dieu que nous ne pourrons jamais comprendre ».
 
Il fut baptisé et reçut la Sainte Communion en cette belle cérémonie pascale d’avril 2018, entouré de sa femme et de ses deux enfants, rayonnants.
 
Clémentine Jallais