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Crise migratoire : l’espoir bon marché d’Angela Merkel et François Hollande

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François Hollande et Angela Merkel discutent avec des jeunes
franco-allemands à Metz (Moselle), jeudi 7 avril 2016.


 
Angela Merkel et François Hollande ont affiché jeudi un optimisme et un espoir quelque peu irréalistes sur la capacité des Vingt-Huit à régler la crise migratoire, en pariant sur une meilleure protection des frontières extérieures de l’Union européenne. C’est assurément faire bon marché des difficultés dont chaque jour semble devoir apporter un nouveau lot…
 
Au terme du 18e conseil franco-allemand qui a rassemblé les gouvernements allemand et français à Metz, Angela Merkel n’a pas hésité à évoquer un processus « sur la bonne voie ». Il faut dire que François Hollande a, en quelque sorte, soutenu l’espoir allemand en renouvelant son engagement à accueillir 30.000 réfugiés sur les 160.000 que l’Union européenne entend répartir entre ses Etats-membres.
 

Crise migratoire : un espoir bon marché

 
Mais, a ajouté le président français, ce mécanisme « ne peut être mis en œuvre que s’il y a la protection des frontières ». En effet, observe-t-il avec un certain bon sens, « si on veut mettre des réfugiés syriens et irakiens dans les pays européens, cela suppose qu’ils puissent être au préalable reconnus et enregistrés ». Et d’appeler, pour ce faire, à la mise en application pleine et entière de l’accord passé la semaine passée par l’Union européenne avec la Turquie.
 
Quoi qu’il en soit, et peut-être pour montrer l’exemple, François Hollande s’est laissé aller à une (nouvelle) promesse sur cette question : « Nous irons au bout de notre engagement. »
 
On comprend qu’avec un aussi bon élève, Angela Merkel ait fait montre de sa satisfaction. D’ailleurs, a-t-elle affirmé, les difficultés rencontrées l’année dernière appartiennent au passé, parce qu’elles « tenaient au fait que nous n’avions pas d’idée claire sur la façon de protéger nos frontières extérieures ».
 
On est sans doute heureux d’apprendre que, sur ce point, la situation a évolué, mais… on n’en saura pas davantage. Sitôt ce point posé, Angela Merkel est revenu aux affirmations péremptoires de l’idéologue avisée qu’elle sait être.
 

Angela Merkel et François Hollande et la politique de perlimpinpin

 
« La réponse de l’Europe, a-t-elle ainsi déclaré, ce n’est pas simplement l’isolement, il faut combattre les causes de ces départs de réfugiés, c’est également œuvrer en faveur des processus de paix. (…) A ce moment-là, l’Europe sera capable de trouver des solutions. »
 
Ainsi ceux qui pensaient avoir compris – comme l’auteur de ces lignes… – que, puisque les erreurs d’hier appartenaient bel et bien au passé, et que les solutions étaient dès lors à portée de main, en seront pour leurs frais.
 
D’ailleurs, l’essentiel n’est pas là. « La chose importante, a en effet insisté Angela Merkel, c’est que nous bénéficiions de la confiance des citoyens sur notre capacité à accueillir des réfugiés, d’organiser les choses de façon légale. »
 
Ce qui signifie, en clair, que, si leurs concitoyens sont persuadés que tout va bien, le but poursuivi est atteint.
 
C’est beau, la politique…
 

François le Luc