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L’avertissement de David Cameron : tout ministre conservateur voulant la sortie du Royaume-Uni de l’UE devra démissionner

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Alors que le référendum britannique sur le maintien dans l’Union européenne pourrait se dérouler dès mai 2016, en même temps que les élections au Royaume-Uni, le Premier ministre David Cameron a averti ses actuels ministres qu’ils devront démissionner s’ils veulent faire campagne pour la sortie du pays de l’UE. Cameron mise tout sur la renégociation du traité ou, à défaut, sur le changement de certaines règles en vigueur au sein de l’Union. Mais s’il a lâché un peu de lest aux eurosceptiques – achetant ainsi sa réélection au 10, Downing Street – il n’est pas question pour lui d’envisager ce que tant de Britanniques attendent, une rupture pure et simple avec l’Europe.
 

Renégociation ou démission…

 
Les ministres de Cameron le savent sans doute déjà, mais les déclarations publiques du Premier ministre à leur sujet viennent confirmer de manière très symbolique son engagement européen : il les a faites en Allemagne, à Schloss Elmau, lors de la conférence du G7. Interrogé sur le fait de savoir s’il était « totalement fermé » au principe du vote libre de ses ministres sur ce chapitre, il a répondu : « J’ai été très clair. Si vous voulez faire partie du gouvernement, vous devez adopter la position selon laquelle nous sommes engagés dans un processus de renégociation, en vue d’un référendum, et que cela aboutira à l’issue désirée. »
 

Les ministres conservateurs eurosceptiques ont tous signé le Manifeste conservateur porté par David Cameron

 
Même si, comme le dit David Cameron, tous les ministres aujourd’hui en exercice dans son gouvernement ont signé en ce sens le Manifeste conservateur, le Telegraph voit une provocation dans ces déclarations et montre le Premier ministre prêt à la « confrontation ».
 
On estime à au moins cinq le nombre de ministres pour qui l’échec de Cameron à obtenir des réformes importantes à Bruxelles – le droit de ne pas verser d’allocations aux travailleurs immigrés au cours des quatre premières années de leur séjour, par exemple – sonnerait l’heure du retrait pur et simple de l’UE.
 
Cette menace de quitter l’Union – et le fait d’y croire, surtout ! – semblent être pourtant un préalable nécessaire à toute renégociation. Sans quoi, quel serait l’enjeu pour Bruxelles ?
 
Faut-il croire en outre que David Cameron place l’appartenance à l’Union européenne plus haut dans ses priorités politiques que le fait de respecter la volonté d’un grand nombre de ses concitoyens qu’il a su si bien prendre en compte à l’heure des promesses électorales ? A vrai dire cela n’aurait rien d’inouï, ni au Royaume-Uni, ni dans le monde des « démocraties occidentales »…
 

Sans menace de sortie, l’avertissement de David Cameron met le Royaume-Unie en position de faiblesse face à l’UE

 
David Cameron a d’ores et déjà réprimandé un groupe composé par 50 élus parlementaires pour obtenir la sortie du Royaume-Uni de l’UE en cas d’échec de ses négociations. Les « Conservatives for Britain », emmenés par Steve Baker, s’attendent, eux, à doubler le nombre de leurs adhérents en ce cas. A leur propos, Cameron a déclaré qu’« au bout du compte, c’est au gens eux-mêmes de décider ; mais ce sera le public, ce sera le peuple qui décidera, pas tel groupe de parlementaires ou tel autre ».
 
Il n’empêche : si la volonté du peuple ne peut pas s’exprimer dans un parti ou dans une fraction d’un parti, à quoi sert le parti ?
 
A faire fonctionner la démocratie moderne, parfaitement verrouillée…
 
Tandis que David Cameron promettait de n’accepter aucune renégociation qui ne soit juridiquement contraignante, Barack Obama a répété ses appels en direction du Royaume-Uni afin que celui-ci demeure dans l’UE. C’est ce qu’il a dit en sortant d’une réunion avec Cameron, qui a dû avoir la primeur de ces propos : « Nous attendons avec enthousiasme le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne parce que nous pensons que son influence est positive non seulement pour l’Europe, mais pour le monde », a déclaré le président des Etats-Unis.
 
Un Royaume-Uni retrouvant sa souveraineté et appuyé sur la volonté de son peuple, cela ferait désordre, en effet, dans la marche forcée vers le globalisme.
 
Anne Dolhein