Le diagnostic d’état végétatif chronique est faux dans 25 % des cas, sait-on aujourd’hui

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Ne traitez plus jamais un malade de « légume ». Il devient de plus en plus évident qu’un diagnostic d’état végétatif chronique ne correspond pas forcément à une absence de conscience. C’est le New York Times qui l’a dit, à travers un récent article par la journaliste Katie Engelhart, lauréate du prix Pulitzer. Elle y explore les constats scientifiques de ces vingt dernières années, aux termes desquelles près de la moitié des patients jugés inconscients pourraient bien posséder un niveau de conscience que les examens cliniques classiques sont incapables de déceler. Et vu qu’il y a des centaines de milliers de patients dans cet état à travers le monde, il y a de quoi recommander de ne pas les considérer trop vite comme amortis…

Une étude de 2024 de grande envergure, réalisée au moyen d’IRM et d’autres évaluations de haut niveau, a ainsi montré qu’une personne sur quatre diagnostiquée végétative comprend en réalité ce qu’on lui dit et peut obéir en imagination à des ordres complexes.

Recevoir un diagnostic d’état végétatif chronique, souvent après un traumatisme, est souvent synonyme d’abandon thérapeutique, voire d’une sentence de mort. Aux Etats-Unis, la plupart des assureurs cessent de couvrir toute thérapie, tout essai de réhabilitation ou d’autres formes de soins qui pourraient aider à la guérison, puisque l’état du patient ne saurait s’améliorer ; s’y essayer serait sans objet.

 

« Etat végétatif » : 25 % des diagnostiqués peuvent répondre à un ordre

Pour ces personnes, il n’y a plus que l’option des soins ordinaires quotidiens, assurés dans un établissement ou en famille lorsque c’est possible. Dans le pire des cas, au motif que la conscience serait indispensable à une vie méritant d’être vécue, le diagnostic est invoqué pour refuser les soins ordinaires, y compris l’hydratation et la nourriture, dont le retrait provoque évidemment la mort.

C’est à peu près selon cette logique que Vincent Lambert avait été condamné à mort en 2019. Et encore, celui-ci n’était pas sous le coup d’un diagnostic d’état végétatif, mais de conscience minimale…

 

Les diagnostics d’état végétatif sont incertains dans la moitié des cas

Ces diagnostics sont aujourd’hui d’ordre subjectif et de calcul de probabilité. C’est sur cela que portait l’article de Katie Engelhart : à quel point ces diagnostics sont-ils exacts ? Combien de patients ont-ils reçu un mauvais diagnostic ? Combien de vies a-t-on fait cesser sur le fondement de présupposés que la science conteste aujourd’hui ? Ce sont les questions actuelles résumées pour LifeNews par Bobby Schindler, le frère de Terri Schiavo, morte à peu près dans les mêmes conditions que Vincent Lambert aux Etats-Unis, à la suite d’une longue bataille judiciaire. A l’époque, soulignait-il, la certitude du diagnostic posé sur sa sœur était « largement acceptée et rarement remise en question par les gros médias ».

Il souligne que l’article de Katie Englehart met en évidence le fait que de s’en référer à un diagnostic d’état végétatif chronique pour prendre une décision de fin de vie pose de graves problèmes : « Cela met un accent inacceptable sur une classification dont l’exactitude mérite d’être fortement remise en question. »

 

Jeanne Smits