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En Ecosse, une prison jumelée avec une mosquée pour lutter contre le taux de récidive des musulmans

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La plus grande prison d’Ecosse vient de se jumeler avec la plus grande mosquée du pays, afin de lutter contre le taux de récidive particulièrement inquiétant chez les détenus musulmans. Si l’expérience est concluante, elle pourrait être appliquée à d’autres établissements écossais.
 

Jumeler prisons et mosquées en Ecosse

 
Après avoir évoqué la situation ensemble, directeurs de prisons et imams écossais ont pris la décision de fournir un accompagnement spirituel aux prisonniers pendant leur incarcération, et de les aider à acquérir une expérience professionnelle au terme de leur peine. Le jumelage a été signé lors d’une réunion organisée à la mosquée, avec les responsables de la prison et en présence des services de police.
 

Les détenus musulmans seront en cellule ensemble, et parfois seuls pendant le Ramadan

 
Les détenus musulmans seront également mis ensemble dans les cellules, afin de ne pas gêner les autres prisonniers lorsqu’ils doivent faire leurs cinq prières quotidiennes. Si tel ou tel ne peut pas partager de cellule avec un musulman, il aura alors une cellule individuelle pendant le Ramadan.
 
Mais l’aide au communautarisme est-il vraiment le meilleur service à rendre à l’Ecosse ?
 
Il y a aujourd’hui plus de 12.000 prisonniers musulmans dans les prisons britanniques, soit environ 14% de la population carcérale alors qu’ils ne représentent que 4,8% de la population britannique. 100 d’entre eux ont été emprisonnés en raison de leurs activités terroristes.
 

Lutter contre la récidive ?

 
« Nous avons eu des discussions très positives sur ce que nous pouvons faire pour les prisonniers musulmans ici dans la prison de Barlinnie et, potentiellement, dans l’ensemble du pays », a déclaré le directeur de la prison, Ian Whitehead. « Travailler pour réduire le risque de récidive est une situation gagnant-gagnant pour tout le monde et le résultat ne peut être que positif. Si cela fonctionne et que nous pouvons avoir de bons résultats, il n’y a absolument aucune raison pour que cela ne fonctionne pas dans les autres prisons », a-t-il insisté.
 

La mosquée offrira une expérience professionnelle aux musulmans qui finissent leur peine

 
Il s’est aussi félicité de l’expérience professionnelle offerte aux prisonniers par les mosquées et déjà par d’autres organisations. Reste à savoir qui les fera travailler, dans quelles mosquées, et sous quelle surveillance… Car oui, les prisonniers musulmans travailleront dans les mosquées et le directeur est heureux qu’ils puissent travailler dans un « endroit qui reflète leur foi ». C’est une chance qui n’est pas donnée à tous, loin s’en faut !
 
Le secrétaire général de la grande Mosquée de Glasgow s’est dit enchanté. Sans surprise…
 
Au début de l’année, l’ancien directeur du bureau de lutte anti-terroriste, Chris Philips, avait mis en garde contre l’incapacité des prisons à réduire la radicalisation des prisonniers musulmans. Un rapport parlementaire confirmait une radicalisation apparemment impossible à enrayer. Officiellement, la cause était le manque d’effectifs.
 
Répondre en ajoutant de l’islam à l’islam dans des prisons déjà communautarisées à l’excès sera-t-il la solution ? On peine à le croire.
 

Béatrice Romée