La France a connu sa révolution d’octobre, à la fois violente et symbolique. Quant à l’objectif, c’est une révolution politique, qui unifie des forces pour abattre le pouvoir. Quant à la méthode, c’est une révolution synodale, réunissant des gens qui parlent et marchent ensemble, produisant ainsi un discours qui évolue au fil des journées révolutionnaires. Comme dans un chemin synodal, une minorité organisatrice prépare les mots et les images qui doivent émerger, et a ménagé la fusion des forces qui opèrent la révolution. LFI, ses alliés, affidés et courroies de transmission ont accompagné les émeutes depuis leur début, où des lycéens presque seuls furent d’entrée de jeu encouragés par un Bally Bagayoko, jusqu’à l’utilisation massive des black blocs et des rezzous de banlieue. On a vu ainsi se dresser ensemble, comme dans une queue de paon, tout l’arc-en-ciel des forces et des idéologies antinationales. Les revendications peu à peu formulées ont toujours moins compté que la détestation et le défi antifrançais, comme l’indiquent deux événements symboliques : le choix du 17 octobre pour début de la grande émeute, et l’affaire de la statue du général Bigeard à Toul. Plusieurs associations ont demandé son déboulonnage sous prétexte qu’il aurait « torturé », et le procès est venu devant le tribunal administratif de Nancy le 20 octobre. Tout cela montre le poids du ressentiment décolonial dans les événements en cours. La Nouvelle France que Jean-Luc Mélenchon mobilise pour sa révolution réunit la repentance provoquée des uns à la haine profonde des autres.
LFI et ses satellites à la manœuvre des émeutes
Notre révolution d’octobre est un anti-mai 68. Voilà soixante ans, quelques poignées de bobos verbeux avant la lettre agitaient de vieilles idées. Ils bloquèrent le pays sans parvenir à rallier les travailleurs comme on disait, ni jamais menacer les centres du pouvoir. Aujourd’hui, le pays continue à (mal) tourner, mais une direction politique anime dès l’origine le désordre pour prendre le pouvoir par la rue, testant le gouvernement en place par des attaques symboliques contre plusieurs lieux de pouvoir. Elle a réuni dans une même émeute une jeunesse idiote utile, des syndicats toujours prêts, les black-blocs d’ultra gauche et les rezzous de banlieue. La fameuse convergence des luttes. Significativement, la violence est bien plus forte maintenant qu’alors et les idées y comptent moins que les techniques de subversion. L’usurpation de l’emblème des gilets jaunes par des militants de l’arc-en-ciel avec à leur tête un vieux militant extrémiste, Benjamin Ball, est une réussite de l’agit prop. Un grand remplacement de la révolution se lit sur les banderoles et dans la réalité sociologique des agitateurs. Plus personnes ne crierait : « Nous sommes tous des juifs allemands », et ce n’est pas un hasard si la pancarte lue devant HEC demeure l’une des plus représentative du mouvement : « Bismillah HEC les ténèbres ». Sous les pavés des slogans gît la plage de l’invasion migratoire.
La date du 17 octobre : falsifier l’histoire contre la France
Certains manifestants militent (et cassent) pour la Palestine, ce qui est leur affaire mais ne relève pas des horaires de lycées, et beaucoup ont salué la date du 17 octobre : elle commémore le 17 octobre 1961, où, selon la mythologie répandue par le FLN et ses collaborateurs de la gauche contre la France, la police française aurait jeté à la Seine des dizaines d’Algériens pacifiques. Or c’est de la mauvaise propagande. Non seulement la manif FLN était une provocation interdite en pleine guerre, qui devait être réprimée, mais, le registre des morgues en fait foi, les corps de nord africains qui y furent amenés à l’époque proviennent d’assassinats par le FLN de réfractaires à son rackett. L’instrumentalisation systématique de cette date est une attaque factieuse contre la France. Elle n’est hélas pas le fait de la seule extrême-gauche ni même de la gauche : le centre et la droite s’y livrent à plaisir. Il faut dire que l’exemple vient de haut. Emmanuel Macron, lors de sa première campagne présidentielle en 2017, s’était déplacé en Algérie pour y dénoncer le « crime contre l’humanité » que la France y avait selon lui commis. Mais il y a eu pire avant lui : en 2005, Jacques Chirac, président de la République en exercice, avait fait annuler contre la volonté des parlementaires de sa propre majorité, une loi votée en première et en deuxième lecture par les deux chambres, recommandant aux enseignants de rappeler aussi « le rôle positif de la France outre-mer ». On ne saurait aller plus loin dans l’abaissement de la France et dans la connivence avec ses ennemis.
Contre Bigeard, la révolution et la haine de la France
Les cibles attaquées et/ou incendiées par les émeutiers ne laissent, elles non plus, aucun doute sur leur aversion pour la France : commissariats, préfectures et mairies d’un côté, églises et lycées de l’autre. Et l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler a émis l’hypothèse complémentaire qu’en pillant les boutiques de luxe, beaucoup de casseurs accomplissent un acte moral et politique contre la dépravation des kouffars. Ces razzias ne sont pas vraiment un djihad, mais déjà un acte bon commis par de bonnes personnes. C’est en convergence de pensée avec les émeutes justicières de l’extrême gauche contre la violence de l’Etat. On retrouve la même alliance dans l’affaire de la statue de Bigeard. Ce grouillot d’assurances devenu résistant puis parachutiste emblématique des guerres de décolonisation puis général de corps d’armée et secrétaire d’Etat est né à Toul. Sa ville natale lui ayant élevé une statue en 2024, des associations « pacifistes » et décoloniales demandent qu’elle soit retirée, sous le prétexte que l’érection, décidée en 2023 sous un maire socialiste, n’aurait pas été conforme à la réglementation municipale. Mais la vraie raison est exposée sans fard par Luc Ferretti, membre du Collectif contre la statue de Bigeard à Toul : « C’est une statue qui met à l’honneur un tortionnaire qui a sévi pendant la bataille d’Alger. » Pour lui, c’est « un affront à la démocratie, une honte pour l’armée française et un déni de justice et de démocratie pour la France ». Beaucoup de rhétorique pour cacher que Bigeard n’a pas « torturé » et qu’un gouvernement de la IVème République, dépassé par la violence FLN, avait délégué à l’armée les pouvoirs de police qui ont sauvé des centaines de vies innocentes durant la bataille d’Alger. Mais la réalité historique ne prévaut pas pour la révolution sur les vieux mythes qui nourrissent sa haine de la France.











