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Allons-nous vers un espace économique unique entre l’Union européenne et la Russie ?

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L’envoyé russe auprès de l’Union européenne, Vladimir Chizov, a déclaré dans un entretien avec le quotidien russe Izvestia qu’à son avis, les sanctions mutuellement établies entre l’Union européenne et la Russie céderont la place à l’avenir à une coopération au sein d’un espace économique commun. « Je suis un optimiste et je crois que la rhétorique actuelle de l’Union européenne passera tout comme passeront des sanctions ; elles ne peuvent durer éternellement. L’espace économique commun [la maison commune chère à Gorbatchev] d’un autre côté, est un projet sérieux à long terme », a-t-il déclaré.
 

Le régionalisme mondialiste s’étendra-t-il de la Russie à l’Union européenne ?

 
Cette idée n’est pas seulement celle de la Russie, exprimée par un envoyé spécial dans un organe de presse sous contrôle du pouvoir. En face, côté européen, on est également désireux de créer un bloc économique commun « de Lisbonne à Vladivostok », comme l’a récemment déclaré d’ambassadeur français en Russie, Jean Maurice Ripert. C’est chez ce dernier un discours récurrent, qui fait fi des « oppositions » entre les Atlantistes et les Russes à propos de l’Ukraine et de la Crimée. Après avoir souligné que la Russie et l’Union européenne partagent « un seul et même continent », il déclarait ainsi en 2015, dans un entretien publié par le site de l’ambassade de France à Moscou ;
 
« Nous célébrerons en 2015 le 40e anniversaire des accords d’Helsinki – ce doit être l’occasion de renouveler le dialogue entre la Russie, l’Europe et les Etats-Unis sur la sécurité européenne. Il importe de renouveler le dialogue concernant la construction d’un espace commun de Lisbonne à Vladivostok, dans lequel la Russie et l’Union européenne ont des intérêts communs. Je ne pense pas que nous nous trouvions dans une situation de “guerre froide”. Nous vivons un état de tensions. Mais nous savons par quelles voies nous pouvons sortir ensemble de cette situation. Et nous en avons la volonté. Nous continuons à travailler tous ensemble sur les thèmes communs que sont la crise syrienne, le programme nucléaire iranien et la lutte contre le changement climatique. »
 

La Russie et l’Union européenne, fondamentalement d’accord sur les sujets qui comptent

 
On ne peut dire plus clairement le profond accord sur des sujets présentés aujourd’hui comme essentiels entre deux « blocs » que d’aucuns voudraient présenter comme opposés. Pour ce qui compte vraiment, il y a entente. Entente sur ce que le mondialisme veut voir mettre en place.
 
Ce régionalisme économique et forcément, avec le temps, politique, est bien dans des cartons à l’est comme à l’ouest de la frontière russe. Vladimir Chizov pense même qu’il faut aller au-delà d’une union entre l’Union européenne et la Russie ; il faudrait y inclure l’Union économique eurasiatique qui comprend également le Bélarus, l’Arménie, le Kazakhstan et le Kirghizstan.
 

Un espace économique unique aboutit forcément à un espace politique unifié

 
 « C’est en liant tous les processus d’intégration et les structures créées dernièrement qui peuvent donner à notre continent européen, que nous pouvons également appeler le continent eurasiatique, la confiance nécessaire dans un monde multipolaire et changeant. Je voudrais souligner une chose, afin d’éviter les malentendus ; la question des sanctions n’est actuellement pas à l’agenda bilatéral. Il s’agit d’un problème unilatéral, créé par l’Union européenne, et il doit être résolu par l’Union européenne ; lorsque nos partenaires auront la volonté politique suffisante pour se sortir de l’impasse où ils se sont engouffrés, ils sauront où nous trouver » a-t-il déclaré, assurant que la Russie lèverait les sanctions de riposte dès lors que l’UE lèverait les siennes.
 

Anne Dolhein