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Aux Etats-Unis, les salaires des diplômés stagnent à cause de l’immigration choisie

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Le site conservateur américain Breitbart News s’est intéressé à l’impact de l’immigration choisie sur les salaires des diplômés américains, réagissant ainsi à un appel aux Démocrates publié sur le site progressiste Vox pour accroître encore le nombre de visas délivrés aux étrangers hautement qualifiés. Les statistiques concordent en effet, comme le montre l’auteur de l’article de Breitbart, Neil Munro, pour dire qu’aux Etats-Unis les salaires versés aux travailleurs intellectuels augmentent nettement moins vite sous la présidence Trump, en période de forte croissance économique, que les salaires des travailleurs manuels.
 
La raison de la quasi-stagnation des salaires réels des travailleurs intellectuels, notamment dans les emplois hautement qualifiés, c’est ce qu’on appelle chez nous l’immigration choisie, en l’occurrence environ 1,5 million de travailleurs qualifiés étrangers bénéficiant de visas de travail de différentes sortes. Ces travailleurs étrangers acceptent généralement des conditions de travail moins avantageuses (durée de travail plus longue, salaires plus bas…) et sont plus flexibles, souvent dans l’espoir d’obtenir à terme une carte verte, c’est-à-dire un permis de séjour de longue durée. C’est ce qui fait dire à l’éditorialiste de Breitbart que ces cartes vertes sont une sorte de prime donnée par le gouvernement fédéral américain. Celui-ci favorise ainsi activement le recrutement de ces travailleurs étrangers plutôt que des diplômés américains qui ont pourtant, pour beaucoup, besoin de rembourser les dettes contractées pour suivre leurs études.
 

Par ses politiques, le gouvernement des Etats-Unis soutient le recrutement de diplômés étrangers avec des salaires plus bas

 
Les estimations du nombre d’étrangers qualifiés bénéficiant de visas leur permettant de travailler aux Etats-Unis varient, en partie en raison du nombre de programmes de visas qui rend la situation confuse. Ainsi, pour le seul programme H1-B à destination des titulaires étrangers de diplômes universitaires pouvant présenter une offre d’emploi d’une entreprise américaine, la fourchette des estimations va de 460.000 à 1.000.000. Les visas EAD, à l’intention des étrangers se trouvant provisoirement aux États-Unis, comme les étudiants, mais qui sont en réalité souvent dans l’attente de pouvoir obtenir une carte verte, concernent au moins 300.000 diplômés indiens et 65.000 diplômés chinois. Il s’agit ici des chiffres courants, sachant que l’attribution de cartes vertes a permis depuis 2000 à 1,25 million de diplômés étrangers d’intégrer définitivement le marché du travail américain.
 

La concurrence déloyale des diplômés étrangers

 
Il existe encore d’autres programmes de visas, avec un impact particulièrement négatif du point de vue des diplômés américains, tels les visas L-1 qui permettent aux multinationales de faire venir dans leurs établissements situés aux États-Unis leurs salariés étrangers pour une période en théorie courte, mais qui, si elle est reconduite plusieurs fois, peut totaliser plusieurs années de travail. Or ces salariés peuvent être payés avec le salaire de leur pays d’origine. Il existe encore des visas de stagiaires pour les étudiants, qui permettent aux entreprises américaines de faire travailler à bon marché des étudiants étrangers pendant un an, ce qui concernait 149.000 étudiants étrangers en 2017.
 
D’autres programmes de visas viennent ajouter à la confusion, d’où la difficulté de connaître le nombre réel de travailleurs étrangers occupant aux États-Unis des emplois intellectuels hautement qualifiés. L’éditorialiste de Breitbart résume toutefois les différents chiffres avancés dans les termes suivants : « Ainsi, le gouvernement fédéral a accru l’offre de travailleurs intellectuels aux États-Unis avec au moins 1,1 million de bénéficiaires de visas de travail, 400.000 bénéficiaires de visas EAD et 1,25 million d’immigrés en col blanc. C’est en gros l’équivalent du nombre de diplômés qui sortent en trois ans des universités américaines. »
 

L’immigration choisie, souvent présentée comme la « bonne » immigration, a elle aussi un impact négatif pour les travailleurs du pays d’accueil

 
Ceci crée une distorsion sensible des conditions de la concurrence sur le marché du travail et une pression à la baisse sur les salaires qui se traduit aujourd’hui clairement dans les statistiques. En 2015, une étude de la Banque d’Angleterre avait prouvé une évidence souvent niée par ceux qui nous gouvernent : l’immigration massive, comme celle observée au Royaume-Uni (et en France aussi), fait baisser les salaires des travailleurs peu ou pas qualifiés. L’éditorialiste de Breitbart News nous rappelle une autre évidence : si elle se fait à relativement grande échelle, l’immigration choisie, supposément dans l’intérêt national mais en réalité surtout dans l’intérêt des entreprises et de leurs actionnaires, exerce de la même manière une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs diplômés, quand elle ne les empêche pas tout simplement de trouver un travail.
 

Olivier Bault

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(White Collar = travailleurs intellectuels, Blue Collar = travailleurs manuels – Ces données ne tiennent pas compte de l’inflation, qui est actuellement d’environ 2 % / an)