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Une image de femme enceinte ? Facebook censure des publicités du site pro-vie LifeSite

Facebook LifeSite publicités censure
 
L’affaire devient hallucinante. Le site pro-vie américain LifeSiteNews a vu ses publicités qui montraient des images de femme enceinte, de bébés ou encore d’échographies, purement et simplement refusées. Le réseau social Facebook considère ça désormais comme de la « publicité politique » qui doit donc se conformer à un certain nombre d’impératifs définis par lui-même… Sa censure prégnante avait déjà causé un tort certain aux campagnes de LifeSite. Cette nouvelle politique fait encore pire – d’autant qu’elle est destinée à s’étendre.
Facebook veut « émanciper »… mais selon ses critères. Et la situation se durcit. Non seulement les gens se trouvent empêchés, sans même le savoir, d’accéder à des informations désirées. Mais, de plus en plus, ils en subiront d’autres, passablement orientées.
 

L’avortement fait partie des contenus politiques selon Facebook

 
De fait, LifeSiteNews s’est trouvé confronté aux nouvelles règles établies par Facebook le 24 mai dernier. Selon lesquelles toute page Facebook promouvant (en payant) du contenu politique sur la plate-forme devra suivre les règles de la plate-forme pour les « annonces avec du contenu politique », notamment divulguer la source de financement et observer tout un processus d’autorisation relativement lourd. Ces annonces seront également archivées pendant sept ans dans une base de données consultable publiquement.
 
Après le scandale Cambridge Analytica, Facebook prétend ainsi apporter de la « transparence » aux publicités à contenu politique, qu’un classificateur d’apprentissage automatique va analyser, textes, images et vidéos compris.
 
Mais sa définition du terme « politique » est pour le moins large et sujet à controverse. Il est peut-être question de politique au sens littéral du terme, mais entrent aussi en ligne de compte d’autres thèmes comme l’« énergie », la « pauvreté », les « armes », les « valeurs »… ou encore l’« avortement ».
 

Échographies de bébés nés à naître : la censure opère

 
C’est ainsi que, d’un coup, presque toutes les publicités que LifeSite diffuse habituellement lors de ses campagnes de collectes de fonds ont été bloquées. Parce qu’elles comportaient de belles photos de mamans enceintes, de bébés et d’échographies de bébés nés à naître… Des images considérées comme « politiques » ! C’est la réponse qu’a donnée Facebook au site pro-vie.
 
« Puisque c’est toujours un sujet brûlant pour certains utilisateurs, ce peut être offensant pour Facebook de se montrer de leur côté, ou de permettre que cela soit montré comme tel. Je vois que l’annonce a un fœtus : même si cela concerne votre texte d’annonce et votre sujet, il est peut-être trop visible pour que Facebook permette de le montrer (…) Ma meilleure recommandation serait d’utiliser des images différentes. »
 
Des images différentes – celles d’animaux passeraient mieux, car la violence qu’on leur fait est politiquement recevable. La réponse d’un autre responsable Facebook est encore plus claire : « Il se peut que le sujet de votre annonce soit ce qui a été refusé. Peut-être que Facebook préférerait rester neutre… »
 

LifeSite paye des publicités qui n’ont quasi rien à voir avec le message pro-vie

 
Mais quelle est la neutralité de Facebook en l’occurrence ?! Un parti-pris progressiste acté, un choix déterminé. Et que fait le réseau social du million d’abonnés aux quatre pages LifeSite qui veulent penser différemment et qu’on prive de leur liberté ? La censure totalitaire est là, définie par les nouvelles « conditions de service » du réseau qui mettent en place une discrimination avertie des sites, des médias et des profils conservateurs.
Qu’on se rappelle la déclaration de Facebook en janvier dernier. Il avait annoncé qu’il donnerait la priorité aux publications d’éditeurs « de confiance ». Et que pouvaient être ces éditeurs dits « de confiance » ? Des éditeurs progressistes géants comme CNN et le New York Times. Facebook n’est plus « une plate-forme d’idées » comme il se plaît encore à le dire. Mais une plate-forme orientée de ses idées, alors même qu’il clame plus que jamais sa bonne conduite et sa neutralité exemplaire. Il est devenu un acteur politique.
 
Le journaliste de LifeSite estime que cette évolution est due à la mauvaise fortune passée des progressistes qui ont vu les réseaux sociaux devenir les meilleurs alliés de Trump, lors des élections. Des affaires comme Cambridge Analytica permettent opportunément, finalement, de serrer les vis dans le bon sens.
 
Au final, LifeSite a donc dû se définir comme annonceur politique pour pouvoir promouvoir ses publications, pour pouvoir faire payer des publicités sur le réseau. Un processus fastidieux et très insidieux – leur responsable des médias sociaux a dû aller jusqu’à donner son adresse personnelle et son numéro de permis de conduire ! Pourtant le site pro-vie essuie toujours un nombre considérable de refus. Et il a eu, en sus, la mauvaise surprise de voir la commission de Facebook sur chaque don perçu via ces publicités, doubler, passant de 5,95 $ à 12 $ par clic !
 
Si ce n’est pas de la censure…
 
Pour l’heure, cette politique demeure limitée au sol américain. Mais il est prévu qu’elle s’étende à tous les pays.
 

Clémentine Jallais