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La Chine veut-elle la peau de Manhattan ? Vers une finance multipolaire

finance multipolaire

Le rapprochement Chine Russie, déjà nettement perceptible dans le domaine militaire, s’étend de façon significative à la monnaie et aux finances. C’est ainsi que les deux pays ont décidé de lancer une agence de notation commune.
 
C’est le ministre des finances russe, Anton Siluanov qui l’a annoncé en Chine hier. L’objectif est de ne plus dépendre des « trois grandes » américaines, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, qui font en la matière la pluie et le beau temps. Dans la foulée, Siluanov va promouvoir avec le gouverneur de la banque centrale de Pékin une politique monétaire commune, dont le contenu précis n’a pas été dévoilé.
 

Vers une finance multipolaire ?

Cette décision fait suite à l’autorisation donnée par les deux gouvernements de traiter de plus en plus de transactions commerciales en monnaies locales, yuan ou rouble. Ici encore, le but est clair, à terme : c’est d’évincer le dollar comme monnaie de réserve dominante, entrer dans un monde monétaire multipolaire où le yuan jouerait un rôle croissant, auprès de la livre, l’euro, le yen et pourquoi pas le rouble ?
 
Fiction ou anticipation : déjà, on remarque que des transactions internationales de plus en plus nombreuses sont libellées en yuan. Selon la SWIFT qui mesure les transactions interbancaires dans le monde, la proportion des paiements américains établis en yuans a augmenté de 327 % den 2013. L’idée générale derrière tout cela est que la Chine, qui se sent devenir la première économie mondiale, a décidé, avec son partenaire la Russie, d’en finir avec la toute puissance financière de Manhattan.