Le FMI demande à la France de mieux contrôler ses chômeurs

FMI France contrôler chômeurs
 
Après l’OCDE jeudi, le Fonds monétaire international a appelé à son tour la France à renforcer le contrôle des chômeurs pour les inciter à rechercher plus activement un emploi. Le FMI estime que Paris peut mieux faire en la matière, et que la reprise, en ce domaine comme en tant d’autres, n’est pas pour demain. Une pierre dans le jardin de François Hollande ?
 
Le propos est très clair. Dans les conclusions de sa revue annuelle de l’économie française qui a été publiée vendredi, le FMI affirme que, « si une reprise solide est en cours », certaines rigidités structurelles continuent de peser sur les perspectives à moyen terme de l’économie française. François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls se seront peut-être réjoui de la première partie de la phrase. Mais il n’y a vraiment pas de quoi, le FMI observant que, de ce fait notamment, la croissance potentielle de notre pays est « fondamentalement plus faible qu’avant la crise ».
 

La France doit mieux contrôler ses chômeurs

 
Point particulièrement souligné par le rapport : la nécessité de réformer le marché du travail pour permettre le retour au rythme de créations d’emplois qui était celui d’avant la présente crise, que le Fonds, malgré l’avancée des discussions avec la Grèce et les assurances des autorités françaises, estime durable.
 
Aussi, à rebours des estimations de Paris, et sans même parler des promesses de François Hollande, le FMI pense que notre taux de chômage élevé ne diminuera que très graduellement. De 10,3 % (en comptant l’outre-mer) au premier trimestre 2015, il ne reviendra, estiment les auteurs du rapport, qu’à 9 % à l’horizon 2020.
 
On imagine facilement que le président de la République a dû relire cette appréciation à plusieurs reprises, et s’en mordre les doigts, même si le rapport salue par ailleurs les mesures prises par le gouvernement pour baisser le coût du travail ou sa volonté d’améliorer le dialogue social.
 
D’autant que, pour réduire davantage le chômage, le FMI invite Paris à plus de flexibilité dans les accords en entreprise sur le temps de travail et les salaires, à une réforme du Smic, et à un renforcement des incitations des chômeurs au retour à l’emploi. Un programme que le gouvernement de Manuel Valls, déjà en délicatesse avec une partie de sa majorité, va vraisemblablement avoir quelque mal à envisager…
 

Le FMI d’accord avec l’OCDE pour critiquer la politique de François Hollande

 
Sur ce point, le FMI est manifestement sur la même longueur d’ondes que l’OCDE qui observait la veille : « Un système d’allocations aussi généreux ne peut être durable que si les chômeurs reçoivent les incitations et le soutien dont ils ont besoin pour les aider à retrouver rapidement un emploi et si leur recherche d’emploi est convenablement contrôlée. »
 
Au passage, le FMI invite le gouvernement à maintenir l’élan affichée par la loi Macron, en s’attaquant à la bureaucratie de notre pays qui s’oppose à l’activité des petites entreprises, et aux barrières qui entravent la concurrence dans les services.
 
On le comprend aisément : les soutiens affichés par le FMI comme par l’OCDE au pouvoir politique français ne sont que des moyens mal déguisés de ne pas lui ménager ses critiques. On ne relèvera pas nécessairement toutes les propositions du FMI dont les visées ne sont pas celle d’un relèvement véritable de la France, mais une vision macro-économique, si l’on peut dire, de l’économie mondiale, et les implications en ce domaine de la triste situation de notre pays.
 
On retiendra cependant l’observation du FMI sur une éventuelle amélioration de notre courbe du chômage à l’horizon 2020. Une manière comme une autre d’expliquer qu’il faudra du temps avant de pouvoir se remettre de la calamiteuse politique de François Hollande !
 

François le Luc