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Le FMI piège l’Union européenne sur la dette grecque

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Le Fonds monétaire international (FMI) a invité jeudi l’Union européenne à se prononcer pour un allègement de la dette grecque, soumettant son éventuelle participation à un troisième plan d’aide à la Grèce à la prise de mesures permettant de rendre – selon son estimation – sa dette viable.
 
L’affirmation en a été faite par la responsable de la mission du FMI en Grèce, Delia Velculescu, qui a déclaré dans un communiqué : « Nous sommes impatients de travailler avec les autorités pour développer leur programme de manière plus détaillée, et de voir les partenaires européens de la Grèce prendre des décisions sur un allègement de la dette susceptible de rendre la dette de la Grèce viable. »
 
Le propos est d’autant plus clair qu’elle précise : « Le FMI (…) évaluera sa participation à toute aide supplémentaire à la Grèce une fois que les mesures sur le programme des autorités et sur l’allègement de la dette auront été prises. »
 

Le FMI piège l’Union européenne

 
On le voit très clairement : en cette affaire, comme en quelques autres, c’est le patron qui parle. Le Parlement grec l’a bien compris, qui a fait sa part de ce programme, en approuvant vendredi matin l’accord sur un nouveau plan d’aide de 85 milliards d’euros, en contrepartie de mesures d’économie drastiques à côté desquelles l’austérité qu’Alexis Tsipras reprochait à ses prédécesseurs, et contre laquelle il a été élu, paraît n’avoir été qu’une aimable plaisanterie. Le premier ministre grec en a bien conscience, puisqu’il vient d’avouer sa crainte d’un « retour à une crise sans fin ». Mais, puisqu’il a décidé de céder, il lui faut bien aller jusqu’au bout du bol de soupe à la grimace. Et ce n’est pas fini !
 
De leur côté, les Européens sont plus ou moins piégés. Certes, de nombreux Etats-membres, à commencer par l’Allemagne, exigent la participation du FMI au plan d’aide, tout en refusant l’idée d’un allègement de la dette grecque.
 
Mais le Fonds ayant indiqué qu’il ne prendrait sa décision qu’au moment de la première évaluation de l’économie grecque dans le cadre du futur plan d’aide européen, on voit mal comment ils peuvent s’en tirer.
 

Dette grecque : les Européens ont le choix entre payer et… payer

 
Soit ils vont à l’encontre des souhaits très stricts de l’institution monétaire, et ils se retrouveront seuls, en position délicate face à la crise grecque – pour ne pas évoquer la crise européenne.
 
Soit ils obéissent et allègent la dette grecque, et les pays détenteurs en seront pour leurs frais.
 
Dans les deux cas, certains n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Quant au FMI, peu lui chaut : la Grèce a déjà commencé à le rembourser. C’est donc bien sur la part européenne qu’il exige une réduction de la dette. Et, malgré leurs rodomontades, les Européens n’ont guère le choix que de passer sous les fourches caudines. Le patron a parlé !
 

François le Luc