France : le délicat jeu de balancier du budget entre l’Europe et la majorité

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« Ne vous appuyez pas sur Bruxelles pour animer le débat démocratique ici même ! » Michel Sapin, notre ministre de l’Economie, s’est emporté mardi, à l’Assemblée nationale, face à l’UMP. Il est vrai que les députés de l’opposition ont eu beau jeu, à l’occasion du début de l’examen du projet de loi de finances 2015, de faire état des réserves de Bruxelles. La situation est d’autant plus délicate pour le gouvernement que, s’il doit effectivement faire face aux observations européennes, il risque, en s’y soumettant, de contrarier sa majorité. Un délicat jeu de balancier dans lequel Manuel Valls ne semble pas être passé maître…
 

La majorité opposée aux observations de l’Europe

 
L’irritation de Michel Sapin a atteint son comble lorsque le député du Doubs Marie-Christine Dalloz a lancé : « Est-ce que nous allons discuter aujourd’hui d’un plan A, et est-ce que vous gardez un plan B pour demain ? » La question a ceci de venimeux qu’elle risque de fâcher le gouvernement avec sa majorité, laquelle a déjà marqué qu’elle ne partageait pas toutes les options du gouvernement Valls.
 
D’autant que l’opposition a joué de cet agacement en multipliant les couplets sur l’insuffisance de la baisse des dépenses.
 

La France décisionnaire ?

 
Au comble de l’exaspération, Michel Sapin a prétendu réaffirmer la souveraineté de la France – ou plutôt, sans doute, la marge de manœuvre du gouvernement. « Je ne connais qu’un seul endroit où l’on peut repousser, censurer, amender un budget : c’est ici et vous verrez qui est majoritaire dans cette Assemblée ! », a-t-il lancé.
 

Un budget proche des idées bruxelloises

 
D’ailleurs, dans son entourage, on semble ne pas croire à un éventuel – probable ? – rejet du projet de loi par les instances bruxelloises. « C’est une idée simpliste », assure-t-on à Bercy, où l’on prétend même que les positions du gouvernement sont « proches de celles de la Commission ».
 
Ah oui ? On verra bien lorsque le ministre sera convoqué à Bruxelles. Par un Pierre Moscovici peut-être – qui justement a été malmené sur certaines positions socialistes prises sous sa férule…