Vous vous souvenez de la tribune signée par Greta Thunberg au temps de sa splendeur en 2019, en préparation de la COP, où elle affirmait benoîtement que ce qu’elle nommait la crise du climat était une « crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée ». C’était une déclaration de foi dans la convergence des luttes, la synergie des subversion, l’unité de la révolution arc-en-ciel sous ses dehors polymorphes. Avec en particulier l’affirmation d’une écologie décoloniale, d’une écologie de genre, d’une écologie antiraciste. Eh bien, dans cette veine, l’audiovisuel public, dont les patronnes proclament l’impartialité olympienne, vient de faire l’article pendant trois quarts d’heure à l’écologie décoloniale. Sur France Inter, le 9 janvier, le chercheur au CNRS antillais décolonial Malcolm Ferdinand a pu expliquer à jet continu ce qu’il a résumé en une phrase : « Le dérèglement climatique ne serait pas simplement le produit abstrait de l’humanité, mais le résultat d’une histoire bien plus précise, celle de la modernité occidentale structurée par la conquête coloniale, la mise en esclavage, les monocultures intensives, et une économie d’extraction qui a transformé les territoires, les écosystèmes et les corps humains. » Bon sang mais c’est bien sûr, ce n’est pas tout l’humain qui dérègle le climat, c’est le mauvais blanc colonialiste avec son coton et sa canne à sucre. Au point qu’au concept déjà dépassé « d’anthropocène », Ferdinand préfère celui de « plantationocène ». Et ron, et ron, petit patapon.











