Du gaz américain via le « corridor vertical » entre la Grèce et l’Ukraine

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Le secrétaire à l’Intérieur des Etats-Unis, Doug Burgum, se trouve être également président du Conseil national de la domination énergétique créé par Donald Trump. Il était l’invité, lundi, du média pro-Trump Breitbart. A cette occasion, il a expliqué comment le gaz naturel américain pouvait utiliser le corridor vertical de l’Europe pour aider les alliés des Etats-Unis à réduire leur dépendance à l’égard de l’énergie russe, afin de modifier la géopolitique régionale. Les esprits chagrins noteront que l’augmentation des achats de gaz auprès des USA représenterait avant tout un bénéfice pour les Américains. Ce n’est évidemment pas faux, mais pour l’heure, c’est bien la Russie qui en profite – cette Russie qui affiche de plus en plus clairement son héritage soviétique.

 

Du gaz américain plutôt que du gaz russe

Le « corridor vertical » est cette route de transport de gaz naturel liquéfié depuis le nord de la Grèce par le biais de terminaux méthaniers flottants et de pipelines menant vers l’Ukraine avec des bifurcations vers la Hongrie et ainsi l’Europe de l’Est, que les Etats-Unis soutiennent activement. L’idée est de renverser une situation où « toutes les infrastructures du gaz naturel en Europe mènent depuis la Russie vers l’Europe occidentale », a déclaré Doug Burgum.

Celui-ci a par ailleurs dénoncé la mauvaise politique énergétique allemande, puisque ce pays a fermé ses centrales nucléaires et a voulu en faire autant avec ses centrales à charbon – sans y parvenir. Burgum a rapelé que les Verts peuvent faire d’une telle politique une condition de participation à une alliance de gouvernement en Allemagne. Alors que son « rêve vert », comme le dit le ministre américain, a coûté « 500 milliards de dollars », « l’Allemagne produit 20 % d’électricité en moins et celle-ci coûte 30 % plus cher », avec comme résultat la désindustrialisation du pays.

 

Le « corridor vertical » rebat les cartes énergétiques

Burgum a enfin souligné que grâce à sa capacité de stockage, la plus importante d’Europe, l’Ukraine peut conserver assez de gaz naturel pour assurer les besoins d’un hiver entier en Europe, ce qui permettra de l’acheter en été quand les prix sont plus bas.

D’après lui, les ministres de pays européens qui dépendent actuellement de la Russie pour leur approvisionnement se sont montrés très demandeurs. « Il s’agit de vendre de l’énergie à nos amis et alliés afin qu’ils n’aient pas à en acheter à nos adversaires », a-t-il conclu.

 

Anne Dolhein