Le groupe de travail des évêques des Etats-Unis sur l’IA a été constitué

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Le groupe de travail sur la préservation de la dignité humaine à l’ère de l’intelligence artificielle a été constitué, comme annoncé par la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB). Il est composé de huit évêques ainsi que de trois universitaires en qualité de consultants. Leur rôle affiché consiste à construire des formes de coopération pour cultiver une culture de « responsabilité partagée », comme l’a demandé Léon XIV dans son encyclique Magnifica Humanitas.

Les évêques membres du groupe sont peu connus en France dans l’ensemble, mais il comprend le cardinal Blase Cupich de Chicago, d’orientation très progressiste. Il y manque Mgr Salvatore Cordileone, qui a manifesté son intérêt pour les questions posées par l’IA.

 

Un groupe de travail ecclésiastique sur l’IA

« L’Eglise entre dans le débat sur cette question en tant qu’enseignante plutôt qu’en tant que cliente », a déclaré Mgr Olson à EWTN News. « Elle apporte à ce débat 2.000 ans de réflexion sur la dignité humaine, le travail, les relations et la vérité. Nous écouterons attentivement la Silicon Valley, mais nous ne lui abandonnerons pas notre compréhension de la personne humaine. »

Les universitaires consultants sont Charles Camosy, professeur de théologie morale et d’éthique à l’Université catholique d’Amérique, ainsi que Kim Daniels, de Georgetown University, spécialiste de la doctrine sociale de l’Eglise, et Meghan Sullivan, de l’Université Notre-Dame, Professeur de philosophie et directeur de l’Institut pour l’éthique et le bien commun.

Nous avons déjà rencontré Charles Camosy dans ces colonnes. Christopher Olah, l’un des cofondateurs d’Anthropic, était entré en contact avec lui à l’été 2025 pour parler d’IA avec les « grands sages religieux » dont il avait fait le tour.

 

Charles Camosy, professeur d’éthique aux Etats-Unis qui ne croit pas en une IA « consciente »

Par la suite, ce professeur avait expliqué à la journaliste Elizabeth Dias qu’Anthropic ne cherche pas tant à créer un modèle d’IA qui serve ses clients que de pouvoir se dire au service du bien. Une quête du bonheur pour tous qui n’est pas sans rappeler les objectifs des grandes révolutions cherchant le bonheur pour tous ici-bas.

Camosy lui-même, hésitant au départ, est aujourd’hui très fermement convaincu que les modèles d’IA ne sont pas conscients, à l’inverse d’Anthropic qui en est déjà à dire qu’il ne faut pas leur faire du tort volontairement.

Mgr Michael Olson, l’évêque de Fort Worth, au Texas, est également membre du groupe. Il a fait savoir à EWTN que son diocèse avait déjà adopté une politique d’utilisation de l’IA contraignante pour le clergé et le personnel, avant même la parution de Magnifica Humanitas.

 

Le groupe de travail des évêques des Etats-Unis réfléchira sur le soin des âmes

« L’IA doit rester un outil entre des mains humaines. Elle peut assister le jugement humain, mais ne peut jamais le remplacer, et encore moins en ce qui concerne le soin des âmes. Rien qui vienne du confessionnal ou de la direction spirituelle ne doit jamais être soumis à un outil d’IA. Les sermons et le conseil pastoral doivent provenir de la prière et du discernement du prêtre lui-même, tout comme les décisions concernant les personnes, telles que l’embauche, la discipline et la question de savoir qui doit être aidé, doivent être faites par des personnes humaines », a déclaré Mgr Olson.

Il a fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences néfastes de l’IA sur les personnes âgées et les personnes handicapées, qui sont victimes d’escroqueries, sur les enfants, qui entretiennent de « fausses » relations avec des chatbots, et sur les étudiants, qui « confient à l’IA le travail même qui forge leur esprit et leur esprit critique » : « Si une technologie ne peut pas être rendue sûre pour les plus vulnérables d’entre nous, elle n’est pas prête à être commercialisée », a-t-il déclaré.

Le groupe de travail sera notamment chargé d’informer l’ensemble des responsables de l’Eglise sur l’IA, et entend éclairer les fabricants de ces technologies sur la manière de respecter la morale et d’empêcher le mésusage de leurs inventions, qui doivent rester soumises au contrôle humain.

 

Jeanne Smits