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Harvard pénalise les organisations de même sexe : fraternités, sororités et « final clubs » sont en ligne de mire

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Ces organisations étudiantes ont plus de deux siècles d’existence et leur première caractéristique est d’être réservées à des personnes de même sexe : une cible de choix pour l’application socio-culturelle de la théorie du genre… en marche (quasi militaire), outre-Atlantique et ailleurs. Harvard lance donc le mouvement en décidant d’appliquer des sanctions à tous ceux qui, affiliés à des « fraternités » ou des « final clubs », prétendraient à un rôle de direction au sein de l’Université, que ce soit dans une équipe sportive ou une association quelconque.
 
Idée de génie de la part de ces idéologues du « neutral », car le « leadership » est le talon d’Achille de ces étudiants américains choisis, en particulier, il faut le souligner, des garçons – ces mâles blancs présomptueux qu’il faut décidément mettre au pas.
 

Harvard veut cesser l’exclusion en raison du sexe

 
C’est fait, les administrateurs d’Harvard ont chargé le Harvard College Honor Council, conseil en charge des politiques d’intégrité universitaires, de faire appliquer des sanctions aux membres de groupes sociaux unisexes qui chercheraient un statut de direction d’équipe, de leader athlétique ou encore réclameraient une bourse, comme les bourses Rhodes.
 
A partir de la rentrée 2021, tout étudiant qui vise une telle place doit signer « un engagement de non discrimination » sur la base des caractéristiques de « l’identité intrinsèque », « y compris le sexe ». Et certifier qu’il ne fait pas partie d’une organisation unisexe, qu’il n’y a pas appartenu l’année précédente et qu’il n’y appartiendra pas l’année suivante…
 
Cette nouvelle politique avait été annoncée en mai dernier par la première femme présidente de Harvard : il faut cesser l’exclusion en raison du sexe.
 

Fraternités et final clubs : un principe historique de non-mixité

 
Une mesure audacieuse, quasi révolutionnaire. « Fraternités » et « sororités » sont de vieilles institutions inscrites au cœur des traditions universitaires américaines, les « Greeks », comme on les appelle, parce que ces organisations utilisent des lettres grecques en guise de noms. On les trouve dans tous les États, il y en a huit à Harvard. Les « final clubs », clubs plus fermés et plus secrets, exclusivement masculins, très WASP selon leurs détracteurs (White Anglo-Saxon Protestants), sont une caractéristique unique d’Harvard qui en compte également huit.
 
Ce qui rassemble ces organisations étudiantes est leur principe historique de non-mixité, allié à un certain élitisme – mais le sexe est leur premier critère de sélection.
 
Harvard avait déjà tenté d’imposer cette mixité, dans les années quatre-vingt. Mais alors les « final clubs » et autres fraternités unisexes s’étaient, pour toute réponse, installés hors du campus universitaire, affirmant leur indépendance. Cette fois, on veut les réguler, par la force.
 

En cause : la violence sexuelle – masculine

 
Parce que cette « discrimination est pernicieuse », qu’elle « normalise le préjugé dans une communauté », selon les mots du doyen de Harvard. Pour lui, « les politiques d’adhésion discriminatoires de ces organisations ont conduit à la perpétuation d’espaces qui sont en proie à des déséquilibres de pouvoir. » Déséquilibres qui produisent la violence sexuelle – évidemment masculine…
 
C’est le maître-argument de cette politique offensive en faveur du genre.
 
Plusieurs études relaient cette idée selon laquelle la participation dans des groupes sociaux du même sexe, en particulier pour les étudiants de sexe masculin, contribue à une vision des genres plus stéréotypée que la moyenne et à une augmentation de la violence sexuelle sur le campus. Un article de VanityFair de juin 2016, indiquait que « les garçons, membres d’une fraternité sont quatre fois plus amenés à commettre un viol que les autres »…
 

Point trop de virilité ne faut

 
Certes, l’eau a coulé sous les ponts depuis la création de Phi Beta Kappa en 1776, la toute première « fraternité ». Alors que ces petits groupes aristocrates y étaient formés à la littérature et à la religion, les puissants réseaux d’aujourd’hui n’ont plus, tous, la même allure. Toujours générateurs de socialisation et promesses d’entraide estudiantine, voire professionnelle, ils sont aussi la proie des excès de la culture moderne, avec des générations d’étudiants biberonnés à la culture du sexe à tout crin et du « binge drinking »…
 
La « culture de la bringue » y domine, culture aux dégâts collatéraux inéluctables tels que les coucheries en masse et, effectivement, des cas de viols. Mais ce n’est pas cette dernière, finalement, que fustige les défenseurs du genre – anciens soixante-huitards, assurément. C’est la virilité : ces choses arrivent parce que les hommes entretiennent une proximité masculine qui exacerbe leur « machisme », sans compter leur homophobie…
 
L’article de VanityFair finit d’ailleurs par ces mots : « Et même s’il sera impossible pour les autorités d’abolir, du jour au lendemain, ces traditions gravées dans le marbre des « fraternity’s houses », la phallocratie des campus américains devrait enfin être bousculée ».
 
Ceux-là qui célèbrent une société « inclusive », excluent apriori.
 

Clémentine Jallais