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Le hijab et la beauté version musulmane envahissent les concours

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C’est une première, une étudiante en droit musulmane va participer à la finale 2018 de Miss Angleterre, en portant le hijab. Sara Iftekhar en est fière – c’est son drapeau. L’évolution est notable : l’année dernière, à ce même concours de beauté, la britannique d’origine somalienne Muna Jama avait refusé de défiler en maillot deux pièces, lui préférant un caftan. En 2018, c’est le hijab qui passe. Et le pire dans l’histoire, c’est que tout le monde trouve ça admirable, une vraie « leçon de tolérance »….
 
Ils ont des yeux et ils ne voient pas.
 

Pour Sara Iftekhar, c’est jamais sans mon hijab…

 
La jeune étudiante de Huddersfield fait ainsi partie des cinquante finalistes anglaises pour le concours de Miss England. Le concours est prestigieux et emblématique puisqu’il ouvre à celui de Miss Univers dont la finale aura lieu en Chine en décembre. Sara Iftekhar qui a lancé sa propre entreprise à 16 ans, travaille en tant que maquilleuse et partage souvent des photos Instagram d’elle-même dans une robe traditionnelle pakistanaise.
 
Le hijab, elle ne comptait pas le quitter, même si elle a trouvé incroyable de remporter la première sélection en juillet…
 
« J’ai participé à Miss 2018 pour montrer que la beauté n’a pas de définition, que chacun est beau à sa manière, indépendamment de son poids, de sa race, de sa couleur ou de sa forme » a-t-elle écrit sur sa page GoFundMe. Elle aurait dû préciser « indépendamment de ses revendications religieuses ».
 

Les musulmanes ont tous les suffrages

 
En un an, l’évolution a été notable. En 2017, au même concours, la participante britannique Muna Jama a porté un caftan au lieu d’un bikini pendant « l’épreuve » maillot. « Je ne porte pas un bikini à la plage, donc je n’en porterai pas dans une compétition pour gagner des points », avait-elle déclaré au magazine UK Metro. Et pour la première fois, les organisateurs avaient accepté la requête de Muna, purement motivée par ses croyances.
 
Le plus étonnant, c’est que le motif religieux, pourtant flagrant, passe à peu près inaperçu. Pour chacune des jeunes femmes, la presse et le public se sont gargarisés de trois choses.
 
De leur générosité humanitaire : Muna Jama a fondé une start-up pour lutter contre les abus et les agressions envers les enfants en Afrique de l’Est, Sara Iftekhar collecte des fonds pour le programme « Beauty with a Purpose », un organisme de bienfaisance qui aide les organisations locales et internationales à aider les enfants défavorisés du monde entier.
 
De leur décence : face à un concours jugé « dégradant » pour la femme, beaucoup d’internautes ont applaudi la geste des deux femmes. « Si je veux me couvrir et m’habiller modestement, pourquoi cela pourrait-il être un problème ? » avait demandé Muna Jama. Odieux constat de cette société occidentale qui s’émeut d’une décence qu’elle a contribué à pulvériser avec sa révolution sexuelle…
 
De leur courage : au dire de la grosse presse, elles auraient gagné « le cœur des internautes ». Eh oui, elles ne soumettent pas leurs convictions à des idées contraires aux leurs et en même temps elles font preuve de tolérance… Splendide ! « Enfin quelqu’un qui se bat pour ce qu’elle croit », s’exclame un internaute sur le compte Instagram de Sara Iftekhar (la courageuse et pure décence chrétienne, sans revendication extérieure, c’est « has been » – et plus très crédible).
 

Concours de beauté politisé

 
La musulmane remporterait-elle dès lors les plébiscites des Européens dégoûtés par leur propre décadence ? Pas impossible.
 
En 2016, la jeune musulmane Halima Aden fut aussi la première Somali-Américaine à participer au concours de Miss Minnesota USA, en gardant ses cheveux sous un voile et à porter un burkini au lieu du traditionnel maillot de bain – ce qui avait fait « sensation », avait-on pu lire. Elle avait ensuite été adoubée par toute la « fashion » sphère, du rappeur Kanye West à Carine Roitfeld, mannequin-journaliste franco-américaine.
 
« Je ne m’attendais pas à faire l’histoire » a déclaré la jeune Sara Iftekhar. Espérons qu’elle ne la fasse pas trop…
 
Clémentine Jallais