Immigration : comment l’Autriche change de visage, selon les chiffres officiels

Immigration Autriche change visage
 

Ce sont les chiffres officiels du Fonds d’intégration autrichien (Österreichischer Integrationsfonds – ÖIF) : l’Autriche compte depuis le début de cette année 2,1 millions d’habitants nés à l’étranger, soit 22,9 % de la population, près du quart. Plus de la moitié de ces personnes d’extraction étrangère (56 %) viennent de pays non membres de l’Union européenne. Cette proportion a gagné 4,6 points de pourcentage en 10 ans, et elle atteste du rétrécissement rapide de part de la population autochtone, vérifié auprès de l’agence nationale des statistiques et de celle de l’emploi, dans sa brochure « Bundesländer 2026 ».

Ce changement de visage de l’Autriche est surtout le fait des grandes villes : ainsi la capitale, Vienne, compte-t-elle 41,3 % d’habitants venus d’ailleurs ; à Salzbourg et Innsbruck la proportion est de 36,2 %. Un grand nombre provient d’Allemagne, de Serbie ou de Bosnie-Herzégovine, et les Turcs représentent le plus important groupe non-européen, avec 166.600 personnes au plan national. Le nombre de Syriens a quadruplé en dix ans et représentent le quatrième groupe par nationalité à Vienne.

 

Les chiffres officiels du chômage, des origines, des naissances

Parmi ces personnes d’origine étrangère, 11 % étaient au chômage en 2025 (17,1 % à Vienne), contre 6,1 % des Autrichiens d’origine. 68,3 % des étrangers sont au travail contre 76,2 % des Autrichiens.

C’est peut-être à l’école, et donc parmi les plus jeunes, que les chiffres sont les plus spectaculaires. 26 % de l’ensemble des élèves scolarisés n’ont pas l’allemand comme première langue dans l’ensemble du pays ; à Vienne cette proportion atteint presque la moitié, avec 48,9 %. Plus de 50.000 élèves maîtrisent si peu l’allemand qu’ils sont incapables de suivre les cours.

 

L’immigration en Autriche se prolonge par la natalité étrangère

Tous ces chiffres sont à rapprocher de ceux de la démographie par origine. Les Autrichiennes de naissance avaient en moyenne 1,19 enfant par femme en 2025 ; chez les femmes nées à l’étranger ce taux de fécondité atteint 1,57 enfant par femme… et 3,37 chez celles nées en Afghanistan, en Syrie et en Irak.

L’immigration, quant à elle, ralentit quelque peu, mais cela ne change pas grand-chose au tableau sur le moyen terme, compte tenu de la disparité de la fécondité selon les groupes.

Les mots « grand remplacement » sont très mal vus en France. En Autriche, ce sont les chiffres qui parlent.

 

Anne Dolhein