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Immigration : Bruxelles va imposer des quotas aux Etats-membres

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C’est la dernière de Bruxelles ! Imposer aux Etats-membres de l’Union européenne des quotas de migrants à accueillir. C’est ce qu’a très sérieusement expliqué, mercredi à Rome, où il participait à une réunion sur les droits des migrants, le commissaire à la Migration, aux Affaires intérieures et à la Citoyenneté, Dimitris Avramopoulos. Il juge, en effet, du haut de l’autorité de la Commission européenne, que certains de ces Etats n’en font pas assez en la matière. Autrement dit, qu’ils manquent de solidarité en ce qui concerne l’accueil des réfugiés. D’où l’idée de leur imposer des quotas – et, parallèlement, des centres d’accueil en Afrique.
 
Dimitris Avramopoulos estime que RAEC – le bel acronyme que voilà ! –, à savoir le « régime d’asile européen commun », n’est pas efficace, ou pas suffisamment efficace. La faut en est évidemment aux Etats-membres de l’Union qui n’ont toujours pas de cadre législatif commun pour gérer leur politique d’asile. Adopter le principe de quotas devrait les aider à franchir le pas.
 
A noter qu’on parle bien de « migrants », et non d’« immigrés ». Ça n’est sans doute qu’une question de point de vue – ou plus précisément de point de départ et de point d’arrivée. Mais évoquer des quotas d’immigrés, cela aurait pu poser problème aux oreilles chatouilleuses de quelques juges scrupuleux ou tatillons.
 

Immigration : une question pratique

 
Il faut sans doute reconnaître que les conditions de vie dans les camps de réfugiés du sud de l’Europe ne sont pas des plus agréables, et que ces pauvres hères n’ont qu’une envie, c’est d’en sortir. Une chose assez simple, en réalité, puisque, du point de vue politique, l’Italie, qui se trouve sur la route d’un grand nombre de ces migrants, leur permet de se déplacer avant même qu’ils n’aient fait de demande d’asile. Il est vrai que, lorsqu’on ne peut pas refermer une porte d’entrée, on se décide facilement à ouvrir une porte de sortie. Et tant pis pour les finasseries juridiques…
 
La position italienne agace. Surtout à Berlin, qui n’aime guère, on l’a compris depuis longtemps, qu’en quelque domaine que ce soit, on s’affranchisse des règles. Et c’est d’ailleurs à l’occasion d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière que le commissaire Dimitris Avramopoulos avait déclaré, le mois dernier, vouloir « adopter une politique d’asile renforcée et plus cohérente que par le passé ».
 

Bruxelles et les quotas

 
Qu’est-ce à dire ? Si l’on en croit les dernières statistiques, les trois quarts des réfugiés sont actuellement accueillis dans cinq pays : l’Italie donc, l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni, et la France.
 
A priori, on pourrait supposer que ces cinq pays se verraient, dans la logique exprimée par Bruxelles, déchargés d’une partie du flux migratoire. Et ce, malgré les critiques formulées par Berlin à l’endroit de Rome.
 
Mais la question est manifestement loin d’être aussi simple. D’abord, parce que certains des vingt-huit Etats-membres ne sont pas en mesure, que ce soit du domaine de la capacité ou de celui de l’économie, d’accueillir qui que ce soit.
Ensuite, parce les politiques migratoires, comme le constate le dernier rapport de l’OCDE, ne sont pas adaptées à l’actuelle hausse des migrations.
 
Selon les chiffres dernièrement présentés, l’OCDE, dont les trente-quatre Etats-membres recoupent en grande partie ceux de l’Union européenne, compte aujourd’hui plus de 115 millions d’immigrés, soit environ 10% de sa population totale.
 

Les Etats-membres de l’Union européenne rappelés à l’ordre

 
10%, ce n’est pas rien ; et l’on pourrait sans doute commenter chacun des chiffres présentés dans le rapport de l’organisation. Mais le point important est sans doute une question d’optique ; celle affirmée par Angel Gurría, le secrétaire général de l’OCDE, lors de la présentation cette semaine dudit rapport à Paris.
 
« Les pays bénéficieraient davantage de l’immigration s’ils considéraient les migrants comme une ressource plutôt que comme un problème, et les politiques d’intégration comme un investissement », a ainsi affirmé Angel Gurría.
 
Avec un tel angle d’attaque, seriné depuis des années par les organisations anti-racistes et les politiques qui en découlent, il n’est pas sûr que la volonté d’équilibre affichée par la Commission européenne corresponde à quelque réalité que ce soit. Loin de là…