Réda Kriket, le djihadiste arrêté par la justice française

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L’opération de police à Argenteuil le 25 mars.

 
Réda Kriket est sous les verrous, mis en examen et placé en détention provisoire mercredi à l’issue de six jours de garde à vue. Réda Kriket, c’est ce djihadiste arrêté par la justice française, et qui préparait, nous dit-on, une action « imminente » et d’une « extrême violence », selon les mots du procureur de Paris, François Molins.
 
C’est jeudi dernier, il y a une semaine, que les enquêteurs arrêtent Réda Kriket à Boulogne-Billancourt, tandis que leurs collègues effectuent une perquisition dans un appartement d’Argenteuil, au cours de laquelle ils découvrent un stock d’armes et d’explosifs. Les policiers ont trouvé entre autres du matériel et des produits servant à fabriquer des explosifs, de petites quantité d’explosif de type TATP prêt à l’emploi, cinq passeports français volés, cinq fusils d’assaut, un pistolet mitrailleur, sept armes de poing…
 

Réda Kriket sous les verrous

 
Le procureur évoque « un arsenal qui, de par la nature et la quantité des objets découverts, constituait à l’évidence les préparatifs d’une action terroriste imminente ».
 
Certes, Réda Kriket s’est défendu lors des interrogatoires d’être un terroriste.
 
Certes, selon le procureur, « aucune cible précise projetée n’a pu être identifiée ».
 
Néanmoins, s’appuyant sur l’arsenal découvert dans ce qu’il appelle « l’appartement conspiratif » d’Argenteuil, François Molins conclut que « tout laisse néanmoins à penser que la découverte de cette cache a permis d’éviter la commission d’actions d’une extrême violence ».
 

Le djihadiste arrêté par la justice française et ses projets d’attentats

 
C’est également le sentiment du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui, à l’occasion de l’arrestation de Réda Kriket, avait parlé d’un « projet d’attentat en France, conduit à un stade avancé », soulignant que le suspect, de nationalité française, « évoluait au sein d’un réseau terroriste qui projetait de frapper la France ».
 
De fait, ce que l’on sait déjà de Réda Kriket ne plaide pas à sa faveur. La justice belge l’a condamné en juillet dernier, en son absence, à dix ans de prison lors du procès d’une filière djihadiste. Son nom est par ailleurs apparu dans une procédure ouverte en novembre 2015. Enfin, il est soupçonné de s’être rendu en Syrie il y a quinze mois, et d’avoir multiplié, après son retour, les allers et venues entre la France, la Belgique et les Pays-Bas.
 
Pour ces diverses raisons, il faisait l’objet, depuis trois mois, d’un mandat de recherche, et il a été mis en examen pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle, c’est-à-dire en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes ; acquisition, détention et cession d’armes de catégories A et B en bande organisée ; transport d’armes de catégories A et B ; fabrication en bande organisée d’engins explosifs ou incendiaires ; détention et transports de substances ou produits incendiaires ou explosifs en vue de la préparation d’atteinte aux personnes ou de destruction des biens par substance explosive ; détention frauduleuse de plusieurs documents administratifs ; recel de vol en bande organisée et falsification de documents, toutes infractions en relation avec une entreprise terroriste ».
 
Bien ! Mieux vaut sans doute que cet individu peu engageant soit derrière les barreaux.
 
Il n’empêche que l’on en fait beaucoup sur lui dans les media. Un peu comme si les autorités françaises avaient été vexées que d’aucuns se permettent de comparer l’efficacité de l’enquête belge suite aux attentats qui ont frappé Bruxelles, avec le peu de résultats obtenus après ceux du 13 novembre à Paris.
 
Réda Kriket en ferait presque oublier Salah Abdeslam. Il est aujourd’hui la caution de l’Europe qui refuse de fermer les frontières et de la justice française, la bonne conscience de nos politiques, de leur sens du devoir et du travail accompli.
 

François le Luc