Le Mot : Meuf

Le Mot Meuf
 

Le mot signifie femme en verlan, cet argot facile qui a proliféré dans les années Mitterrand. Une marque de vêtements engagés (avant on s’engageait dans l’armée, puis dans la littérature, aujourd’hui c’est dans les fringues) s’en est emparé pour en faire son étendard : chaque t-shirt porte dans le dos l’inscription « Derrière chaque meuf, il y d’autres meufs qui la soutiennent ». Solidarité féminine avant tout ! Depuis quelque temps, ladite marque a ouvert une application, un réseau social « 100 % réservé aux femmes ». Tiens donc ? Bars réservés aux Blancs, métros interdits aux Noirs ou amphithéâtres sans juifs seraient-ils autorisés ? Non, bien sûr. Il existe même dans le code pénal un article, le 225-1, qui les réprime. Alors pourquoi ce site est-il salué par la presse et en pleine expansion, au point que, sur la publicité pour l’inscription, il publie ceci : « Depuis le 21/02, c’est un torrent d’amour et d’espoir que nous vivons. Vous êtes trop nombreux.ses à vouloir rejoindre l’application Meuf. » L’écriture inclusive ne doit provoquer nulle hésitation, le site demeure « 100 % réservé aux femmes » mais pense s’ouvrir aux femmes trans. Parce que c’est un site militant, comme on peut le lire : « Etre une meuf, c’est puissant. C’est incarner une multitude de rôles, de défis, et de victoires. Etre une meuf, c’est être une guerrière dans l’âme, porter les cicatrices des batailles pour l’égalité, tout en gardant le cœur ouvert à l’amour, à la compassion, et à l’espoir. C’est la capacité de pleurer pour les injustices du monde, puis de sécher ses larmes pour se dresser contre elles. (…) Ceci est notre cri de ralliement. » Rappelons-nous que la force publique n’avait rien fait contre les camps d’été dits « décoloniaux » exclusivement réservés aux non-Blancs. Ici, son attitude est analogue. Il existe une discrimination positive, un racisme utile, un sexisme moral : l’apartheid est recommandé quand il est arc-en-ciel.