fbpx

Le pape François et les « lapins Â»

Le-pape-Francois-et-les-lapins
 
Il faut une bonne dose d’irĂ©nisme pour qualifier de « gĂ©nie Â» le propos du pape sur ces catholiques qui se trompent en pensant qu’ils devraient procrĂ©er « comme des lapins Â». La phrase triviale – le pape François s’est excusĂ© au prĂ©alable de la familiaritĂ© du propos – prononcĂ©e au retour des Philippines lors de rĂ©ponses Ă  bâtons rompus aux questions des journalistes, aux dires de certains, montre simplement que « le message de l’Eglise ne se limite pas Ă  un jeu entre le permis et le dĂ©fendu Â». Mais l’impact de cette dĂ©claration non prĂ©parĂ©e, non structurĂ©e, facile Ă  sortir de son contexte, est en rĂ©alitĂ© dĂ©sastreux.
 
Les mĂ©dias du monde entier se sont saisis du mot, dĂ©jĂ  si facilement lancĂ© comme quolibet aux familles catholiques qui ont gĂ©nĂ©reusement accueilli la vie, pour justifier ce regard « mondain Â» sur l’esprit de sacrifice et d’amour qui les anime. C’est tout ce qu’on a retenu. Ainsi qu’une « dĂ©claration Â» selon laquelle les familles catholiques devraient avoir trois enfants. Traduction des mĂ©dias : pas davantage…
 

Les propos déformables du pape François

 
Soyons justes. Le pape n’a pas dit les choses ainsi. Lorsqu’on se rĂ©fère Ă  la transcription intĂ©grale des rĂ©ponses du pape François, le cĂ´tĂ© caricatural du propos disparaĂ®t. C’est sur interpellation d’un journaliste Ă  propos du thème de la contraception et de la croissance de la population mondiale que le pape a rĂ©pondu :
 
« Je crois que le nombre de trois par famille que vous avez Ă©voquĂ© est celui qui est prĂ©sentĂ© par les experts comme nĂ©cessaire Ă  ce que la population continue de se maintenir, trois par couple. Quand on descend en dessous, c’est l’autre extrĂŞme qui se produit, comme cela se passe en Italie. J’ai entendu, je ne sais pas si c’est vrai, qu’en 2024 il n’y aura pas d’argent pour payer les retraitĂ©s : chute de la population. Â»
 
Il Ă©voquait ensuite la « paternitĂ© responsable Â» Ă  dĂ©terminer avec le « pasteur Â» et les « nombreux moyens licites Â» qui permettent d’espacer les naissances. Mais il n’en a pas fait un absolu : « Pour les plus pauvres, l’enfant est un trĂ©sor. Il est vrai qu’il faut ĂŞtre prudent lĂ  aussi, mais pour eux l’enfant est un trĂ©sor. “Dieu m’aidera” : certains, peut-ĂŞtre, ne sont pas prudents, c’est vrai. PaternitĂ© responsable, mais voyons aussi la gĂ©nĂ©rositĂ© du père et de la mère qui voient en chaque enfant un trĂ©sor. Â»
 

Les médias utilisent François

 
Le problème vient largement de l’expression. Libre, spontanée, sans structure, elle juxtapose des considérations qui peuvent paraître contradictoires. Elle montre les graves limites de l’expression libre pour un pape qui porte la responsabilité de l’Eglise et le devoir de présenter la vérité dans la clarté. Car les médias exploitent la moindre faille.
 
Il faut noter aussi que les propos du pape, tels qu’ils ont été rapportés et montés en épingle, ont blessé de nombreux parents qui justement, ont répondu à l’appel fondamental de Dieu qui a demandé à l’homme de croître et de se multiplier, parce que la vie est bonne et que chaque être humain est appelé à devenir enfant de Dieu et à jouir de la vie éternelle.
 
Le pape François citait, dans l’avion, l’exemple d’une femme qui attendait son huitième enfant, les sept premiers Ă©tant nĂ©s par cĂ©sarienne. Il lui avait reprochĂ©, lorsqu’il l’avait rencontrĂ©e, de « tenter Dieu Â» parce qu’elle lui avait dit faire confiance en Dieu. Il l’avait accusĂ©e de prendre le risque de faire de ses enfants des « orphelins Â».
 

« Qui suis-je pour juger e»… les lapins ?

 
Cette femme – si elle existe – s’est-elle reconnue dans les propos du pape François ? On imagine la blessure. Et on se souvient de ce que le mĂŞme François disait Ă  propos des homosexuels : « Qui suis-je pour juger ? Â» L’acte homosexuel est intrinsèquement dĂ©sordonnĂ©. Donner la vie est un bien. Il est surprenant de voir le deuxième cas de figure traitĂ© avec cette duretĂ©, tandis que le premier semble excusĂ© (mĂŞme s’il est vrai que l’Eglise ne juge pas les pĂ©cheurs, mais le pĂ©chĂ©, chose que les mĂ©dias ne comprennent pas non plus).
 
Faut-il donc juger les pères et mères de familles nombreuses qui ont toutes leur dose de souffrance, qui toutes font confiance Ă  la Providence dans un monde qui les rejette, les montre du doigt et les dĂ©favorise ?
 
Le pape n’a jamais dit cela, mais les médias l’ont compris ainsi.
 
Pourquoi ? Parce que cela entre pleinement dans les principes de l’écologie, de l’idĂ´latrie de la Terre Mère, du panthĂ©isme globaliste qui voit l’homme comme un gĂŞneur et la nature comme sa victime. RĂ©duire, ou du moins contrĂ´ler la population mondiale est le premier devoir envers cette dĂ©esse malĂ©fique.
 
Il est Ă  noter que le passage de l’interview papale sur les « lapins Â» n’a pas Ă©tĂ© repris dans la transcription officielle qui en a Ă©tĂ© faite par le service de presse du Vatican.