Lyhanna, ou l’effondrement de la société française

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Un corps a été découvert, un suspect arrêté. On a toutes les raisons de pleurer le viol et l’assassinat de la petite Lyhanna, dix ans, et de tenir Jérome Barella pour le probable responsable. Mais, tandis que la France s’indigne à grands flots sur les imperfections de la justice et de la police, on sait encore peu de choses sur la victime, sa famille, et même sur le bourreau présumé, hormis ses antécédents criminels qui n’ont hélas pas eu de suite judiciaire. Certain témoignage porte à croire que l’indignation est un peu sélective : l’école, les familles, ont sans doute leurs propres responsabilités, qu’on retrouve au plus haut niveau de l’Etat. Cette terrible affaire étale au grand jour l’effondrement de la société française dans son ensemble.

 

Qui était Lyhanna ? L’école et la famille faisaient-elles assez attention ?

Si Jérome Barella a bien commis ce dont on l’accuse, les écoles, la police et la justice qui ont eu affaire à lui ont manqué de clairvoyance : cela a commencé par du détournement de mineure plus ou moins consentante et cela a fini par de la pédophilie. Il semble qu’une société prise dans certains domaines (homophobie, racisme) d’une frénésie de contrôle universel, soit incapable d’exercer les surveillances élémentaires sur ses membres les plus fragiles. Et cela éclate dans l’affaire Lyhanna. Le jour de sa disparition, elle n’est pas venue à l’école : ses parents ont-ils été avertis ? Une collégienne assure qu’elle passait une demi-heure chaque jour dans la voiture du suspect devant l’école : si c’est vrai, la direction en a-t-elle averti les parents – qui paraît-il avaient rompu avec ce Jérôme depuis une « soirée pyjama » qui se serait mal passé ? Tout cela est conditionnel à ce stade de l’enquête. Ce qui paraît démesuré, c’est de réserver l’indignation bruyante à la police et surtout la justice, alors que l’ensemble de la société française paraît concerné.

 

Effondrement d’une société française pourrie par la tête

L’excuse du manque de moyens ne vaut rien. Faire attention à un enfant ne coûte rien. Mais on a déplacé cette attention sur tant de sujets qui fondent une nouvelle morale (anti-exclusion, pour faire court), qu’on n’a plus de vigilance pour les menaces de toujours. Avec une espèce de complaisance ou d’indifférence à un mal qu’on veut croire d’abord véniel. L’exemple vient de haut, sous prétexte d’amour. Quel âge avait Madame Macron quand elle toucha Monsieur Macron pour la première fois ? Et quel âge avait « Victor » Kouchner quand le grand constitutionnaliste Olivier Duhamel son beau-père l’a perverti ? Le poisson a pourri par la tête. Ne mettons pas toute la faute sur celle des juges, qui sont responsables de bien assez de fautes sans cela. Un homme politique observait naguère que, formée par l’Eglise catholique, la société française s’effondrait avec elle. Avait-il tort ?

 

Pauline Mille