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En Macédoine aussi, une clôture pour bloquer le passage des migrants

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En Macédoine aussi, une clôture pour bloquer le passage des migrants
 
Gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes : la police macédonienne a employé, samedi, les moyens les plus efficace pour disperser les migrants qui s’entassaient depuis plusieurs jours à sa frontière avec la Grèce, et qui, dans l’espoir de forcer le passage, jetaient des pierres sur les forces de l’ordre. Pour plus de sécurité, l’armée a érigé une clôture métallique le long de cette frontière, la Macédoine suivant ainsi l’exemple de plusieurs autres pays de la région.
 
Depuis quinze jours en effet, les nouvelles restrictions décidées par Skopje autorisaient le seul passage des réfugiés syriens, irakiens et afghans, à l’exclusion de tous autres candidats à l’exil, considérés comme de simples migrants économiques.
 

La Macédoine érige aussi une clôture

 
Cette clôture, faite de piquets métalliques de deux mètres cinquante à trois mètres de haut sur trois kilomètres, hérissés de fils barbelés, permet donc plus facilement le respect des décisions des autorités macédoniennes. A Skopje, on évoquait une « mesure préventive », susceptible d’empêcher que ne se produisent de nouvelles violences sur la frontière. « Nous ne fermons pas la frontière complètement », ajoutait-on, en précisant que les migrants provenant de pays en guerre étaient toujours autorisés à passer.
 
Bien qu’admettant que la crise migratoire doit être jugulée, l’Union européenne continue néanmoins à voir d’un mauvais œil l’érection de semblables barrières. Elle semble préférer les manières plus policées de la France. Mais, faut-il le noter ?, celles-ci se contente d’interdire l’entrée sur le territoire national aux gens susceptibles d’être dangereux. En Macédoine, c’est un flot que l’on cherche à endiguer. Un flot qui pour l’heure submerge, essentiellement depuis la Turquie, et malgré les accords que l’on tente de passer avec elle, la Grèce, déjà soumise à une crise économique aggravée par l’irresponsabilité des décisions européennes.
 

Bloquer le passage de millions de migrants

 
Il faudrait d’ailleurs que Bruxelles fasse preuve d’un peu plus de cohérence. A l’occasion, dimanche, de son sommet avec la Turquie, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré qu’« environ 1,5 million de personnes sont entrées illégalement dans l’Union européenne en 2015 ». Ce qui est beaucoup plus que les seuls 800.000 comptabilisés ici comme migrants entrés légalement. Sans oublier que, dans le domaine de l’illégalité, les chiffres sont nécessairement assez flous, et que l’on a toutes les raisons de suspecter Bruxelles de ne pas gonfler excessivement les chiffres…
 
Donald Tusk a ajouté : « Sans contrôle de nos frontières extérieures, Schengen appartiendra à l’histoire ancienne. » D’autres l’ont dit ici et là, et la chose semble quasiment acquise. Ce qui est autrement plus inquiétant, c’est le risque que certains de nos pays rejoignent, eux aussi, le catalogue des civilisations disparues…
 

François le Luc