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Macron cherche à renforcer la défense européenne auprès de Poutine qui se colle de plus en plus à … la Chine communiste – drôle de dégel

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En quelques jours, Macron a donné des gages de rapprochement notable avec la Russie.
 
A Helsinki, il a déclaré vouloir « faire l’aggiornamento complet » de la relation avec Moscou. A Paris, il a assuré les ambassadeurs en poste à l’étranger, que l’Europe devait mieux assurer sa sécurité et pour ce faire, se rapprocher de Poutine…Ce dernier a même été invité aux commémorations à Paris à l’occasion de la signature de l’Armistice du 11 novembre 1918. Certes, le président français donne toujours des gages au front occidental, en stigmatisant le dossier syrien, mais semble désormais mener sa propre politique – vers l’Est.
 
Seul hic, un autre pays semble bien plus avancé sur le sujet : la Chine communiste. Une Chine qui va participer aux gigantesques exercices militaires russes début septembre, « Vostok-18 », et qui a été pour la première fois qualifiée d’« alliée » par le porte-parole du Kremlin…
 
Macron sait-il bien où il veut assurer sa défense ?
 

La Russie et Poutine au cœur du sujet géopolitique pour Macron

 
« L’Europe ne peut pas compter que sur les États-Unis pour sa sécurité. C’est à nous de prendre nos responsabilités et de garantir notre sécurité, et donc notre souveraineté européenne. » Aux ambassadeurs français en poste à l’étranger, Macron a annoncé, lundi, pouvoir bientôt présenter un projet en ce sens. « Nous devons tirer toutes les conséquences de la fin de la guerre froide » a-t-il ainsi déclaré ce 27 août : « Je souhaite une réflexion exhaustive sur ces sujets avec tous les partenaires de l’Europe et donc avec la Russie. »
 
Pour « revisiter l’architecture européenne de défense et de sécurité », il a affirmé vouloir lancer « un dialogue rénové sur la cybersécurité, les armes chimiques, les armements classiques, les conflits territoriaux, la sécurité spatiale ou la protection des zones polaires, tout particulièrement avec la Russie ».
 
Bien sûr, il n’a pas omis de mentionner les indispensables conditions préalables à toute entente comme la résolution de la crise ukrainienne… Il ne s’est pas empêché non plus de reparler des armes chimiques qu’il a accusé Bachar el-Assad d’employer dans son offensive pour reprendre la province d’Idlib… Mais, par-delà ces gages de bonne foi au camp occidental, il a prouvé bel et bien cette nouvelle foi dans l’ancien pays des tsars.
 

Renouveler les rapports entre Bruxelles et Moscou pour sauver la défense européenne

 
D’aucuns y voient une réponse aux râleries de Trump sur l’OTAN, gigantesque magma onéreux dont les États-Unis assurent 70 % des dépenses – sans doute, en partie. Lors d’un sommet de l’OTAN le mois dernier à Bruxelles, Trump a demandé aux gouvernements européens d’augmenter leurs dépenses de défense à au moins 2 % de leur produit intérieur brut. Il y a bien eu ces nouveaux programmes européens comme la PESCO ou le groupe d’intervention IEI, créé en juin dernier, mais c’est toujours dans la sphère de l’OTAN.
 
Macron semble aujourd’hui voir s’envoler les intérêts européens vers l’Est et ne veut pas louper le train – de l’Histoire ?
 
Le son de cloche fut d’ailleurs le même à Helsinki, trois jours plus tard, où le président français a appelé à « faire l’aggiornamento complet de notre relation avec la Russie » pour ne pas rester sur « des erreurs ou des incompréhensions des deux dernières décennies ». « Notre intérêt est d’avoir des partenariats stratégiques, y compris en matière de défense, avec nos voisins les plus proches ». Il a appelé les pays de l’Union européenne à construire « une nouvelle architecture commune entre l’UE et la Russie qui est cohérente avec la continuité du continent européen (…) Il y a beaucoup de travail compte tenu des péripéties que nous avons connues ces dernières années mais il faut mener ce travail et mener cette discussion ».
 

La Chine communiste, ce nouvel allié confirmé de la Russie post-soviétique

 
Quel entêtement remarquable… Il faut dire que la Russie donne de jolies preuves, malgré son marasme économique, de son indépendance et de sa force militaires. Elle offrira même dans quelques jours, du 11 au 15 septembre les plus grands jeux de guerre qui eurent jamais lieu depuis la chute de l’Union soviétique (voire depuis… le début de son histoire).
 
Dans la région Trans-Baïkal de la Sibérie Orientale, Vostok-18 réunira à peu près un tiers de toutes les forces armées russes dont 300 000 hommes, 36 000 pièces d’équipements militaires d’artillerie, blindés et motorisés et plus de 1 000 avions de combat… Une opération-vitrine évidente, qui joue d’abord contre l’OTAN – mardi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a évoqué le contexte de « la situation internationale actuelle, qui est souvent très agressive et hostile pour notre pays ». Mais joue aussi une nouvelle carte, celle de la Chine – une Chine qui sera présente aux côtés des forces russes, avec 3 200 hommes…
 
C’est loin d’être anodin. Certains y voient la concrétisation opérationnelle de l’alliance russo-chinoise. D’autant que cette participation se double de déclarations louangeuses de la part du Kremlin qui a été jusqu’à parler de « l’élargissement de l’interaction des deux alliés dans tous les domaines »… Comme le soulignait un diplomate indien, Melkulangara Bhadrakumar, contributeur du site Sytrategic-Culture.org, « depuis les années 1960, il est impossible de se souvenir d’un haut fonctionnaire du Kremlin qualifiant la Russie et la Chine de “deux alliés dans tous les domaines” ». Jusque-là on préférait le mot plus dilué de « partenaires »…
 
Mais il semble que le temps de l’alliance soit arrivé, entre la Russie post-soviétique et la Chine communiste. Poutine et Xi Jinping doivent aussi se retrouver bientôt lors du Forum économique oriental, organisé à Vladivostok, en Russie, dans le but de promouvoir les investissements étrangers dans l’Extrême-Orient russe.
 
Où va Macron ?
 
Clémentine Jallais