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Après la tentative présumée d’attentat contre Maduro samedi, Caracas accuse l’extrême droite, la Colombie et les Etats-Unis

Maduro attentat drones
 
« Je n’ai aucun doute que tout pointe vers l’extrême droite vénézuélienne alliée à l’extrême droite colombienne, et que le nom [du président colombien] Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a déclaré Nicolás Maduro après que deux explosions (ou trois, selon certaines versions) se furent produites samedi après-midi pendant son discours en plein air à Caracas, pour les 81 ans de la Garde nationale du Venezuela. Selon lui, « l’oligarchie colombienne » soutenue par les Etats-Unis, chercherait à plonger le Venezuela dans la guerre civile, et ceux qui actionnaient les drones qui ont explosé dans l’attentat raté ne seraient que des « tueurs à gage » « qui ont déjà été capturés et seront jugés comme il se doit ». En ce qui concerne les responsabilités américaines, Maduro pointe du doigt des « responsables intellectuels et financiers » résidant en Floride.
 

Maduro n’a pas attendu pour désigner les coupables

 
La Colombie et les Etats-Unis ont bien entendu réfuté toute responsabilité et c’est un groupe rebelle obscur, Soldados de Franella (« Soldats en t-shirts ») qui aurait revendiqué la tentative présumée d’attentat. Mais l’un n’empêche pas l’autre pour le gouvernement socialiste vénézuélien qui attribue tous ses maux aux Etats-Unis et aussi à la Colombie voisine, surtout depuis que cette dernière a découvert, lors d’un raid en Équateur contre les FARC en 2008 lors duquel le numéro 2 des FARC avait été tué et son ordinateur saisi, que le régime d’Hugo Chávez finançait la narco-guérilla communiste colombienne.
 
Comme d’habitude également, les médias internationaux de la Russie soutiennent les thèses avancées par le régime socialiste bolivarien de Nicolás Maduro. C’est ainsi que Sputnik en langue française, par exemple, fait appel à ses experts pro-Maduro : « Parmi ceux sur qui les regards ont été tournés figurent notamment les États-Unis. Cet avis, entre autres partagé par le Président bolivien Evo Morales, trouve son écho chez Konstantin Sapojnikov, ce journaliste et expert de l’Amérique latine. » Inutile de présenter le socialiste indigéniste Evo Morales. Quant à Konstantin Sapojnikov, c’est un Russe auteur d’une biographie vantant, selon la description de son livre disponible en ligne, le révolutionnaire Hugo Chávez qui « rêvait de mener à bien la construction d’une société de justice sociale au Venezuela » mais « savait bien qu’il était haï par les dirigeants de l’Empire, que les services spéciaux occidentaux lui faisaient une chasse sans merci ».
 

Différentes versions concurrentes concernant l’attentat avec des drones chargés d’explosifs

 
Plusieurs versions ont circulé quant au déroulement de l’attentat présumé contre le successeur d’Hugo Chávez. Pour l’une des explosions qui a eu lieu dans un immeuble voisin, on a parlé d’une simple explosion de gaz ou de la chute d’un des drones qui auraient été employés dans la tentative d’attentat, même si l’heure de l’explosion ne concorderait pas selon des témoignages relevés par le journal vénézuélien El Nacional. Plus troublant, le même journal met en avant les incohérences entre les déclarations de dimanche, au lendemain de l’attentat, du ministre de la Communication et de l’Information Jorge Rodríguez et du ministre de l’Intérieur, de la Justice et de la Paix Néstor Reverol : le premier parle de trois drones chargés d’explosifs, le deuxième parle de deux drones seulement.
 

Incohérences dans le discours gouvernemental

 
Il a même été question, peu après l’évacuation filmée en direct de Nicolás Maduro et de son épouse par les agents chargés de sa sécurité, d’un drone gouvernemental dont on aurait perdu le contrôle et qui aurait dû être détruit en vol avant qu’il ne tombe sur l’estrade où le président prononçait son discours.
 
Réelle ou fausse, la tentative d’attentat a exposé la fragilité d’un président qui ne se maintient au pouvoir que par la fraude et la violence et grâce au soutien de la Russie et de la Chine, mais ce sera aussi l’occasion pour lui d’accentuer les répressions contre une opposition affaiblie et divisée.
 

Olivier Bault