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Un nouveau magazine anglophone à l’intention des femmes candidates au djihad publié par les Talibans du Pakistan

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Sunnat-i-Khaula, orthogaphié Sunnat e Khola sur la couverture du numéro 1 très prometteur de ce nouveau titre de la presse féminine anglophone (téléchargeable ici en PDF), vise un segment de marché bien précis : la femme musulmane. Il lui propose de suivre « la voie de Khaula » (c’est la signification du titre), ou Khawlah, guerrière islamique (islamiste, pour parler en novlangue) du VIIe siècle qui s’est distinguée dans une bataille contre l’Empire byzantin. En d’autres termes, le nouveau magazine des moudjahidines de l’organisation Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), appelle les femmes à pratiquer le djihad.
 
Vu la longueur des textes, Sunnat-i-Khaula s’adresse plutôt à la gent féminine éduquée : jeunes filles qui n’ont pas encore trouvé leur voie, mères de famille… Y compris celles qui vivent chez les « kouffar » (mécréants), c’est-à-dire chez nous. C’est un titre assez complet, avec un peu d’histoire puisque l’on nous parle des femmes martyres (au sens islamique, c’est-à-dire celles qui sont mortes en tuant des gens au nom d’Allah), avec des témoignages comme celui du petit moudjahidine Omar, un garçon de 6 ans, qui rêve de faire le djihad comme son père en combattant les mécréants. Omar va à l’école où il apprend l’anglais, l’ourdou, les mathématiques, l’islam, le Coran et les Hadiths, et il s’entraîne déjà tous les jours pour devenir un bon moudjahidine. C’est émouvant.
 

Segment de marché visé par le nouveau magazine des Talibans du Pakistan : les femmes musulmanes éduquées intéressées par le djihad

 
Pour son premier numéro, le magazine met le paquet et propose même une interview avec l’épouse du chef du TTP, qui vante son mariage à l’âge de 14 ans. Un très bon âge pour marier les garçons et les filles afin d’éviter la destruction morale de la société, explique-t-elle. Quant aux conseils à ses lectrices, ce magazine de 45 pages rédigé par des « sœurs », propose d’organiser des réunions à la maison avec les sœurs djihadistes, de diffuser les écrits qui insistent sur l’obligation du djihad faite aux musulmans, d’organiser des entraînements physiques pour les sœurs et d’apprendre à utiliser des armes simples et des grenades.
 
On pourrait s’étonner de tels encouragements de la part d’un mouvement taliban réputé plutôt méprisant pour les femmes, mais peut-être le fait-il par égard pour leur rôle de mères et éducatrices des nouvelles générations de djihadistes. Ou alors tout simplement parce qu’ils n’ont plus assez d’hommes ?
 

Olivier Bault